Par la Rédaction
Alors que la CENI -Commission électorale nationale indépendante- a proclamé Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo Président élu, au terme de la présidentielle du 20 décembre dernier, avec 73,34%, le pasteur Jean Éric Nsenga de la MOE -Mission d'Observation électorale- CENCO-ECC a révélé, sur les antennes de la RFI -Radio France Internationale-, que la Centrale électorale n'a pas encore rencontré la Mission "par rapport à ce qui a été présenté comme préoccupations". Pourtant, "ce sont des préalables tels que nous avons dit dans le rapport", soutient le porte-parole de l'ECC. La journaliste Sonia Rolley enfonce le clou lorsque, sur son compte X, elle révèle, sur base des chiffres avancés par Denis Kadima lui-même, que la CENI, en publiant les résultats provisoires de la présidentielle, n'a pas tenu compte des résultats de plus ou moins 11.000 bureaux de vote. Cela, sans que la Centrale électorale n'en donne des précisions dans sa décision relative à la publication desdits résultats. La question de la légitimité de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo demeure l'enjeu majeur, d'autant plus que beaucoup de paramètres remettent en cause ladite légitimité, assène, de son côté, le professeur Bob Kabamba, sur les antennes de TV5MONDE. Autant le dysfonctionnement qu'a connu le processus électoral risque d'entacher la légitimité de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, autant les irrégularités relevées pourraient discréditer la réélection de ce dernier. Surtout si la CENI ne rencontre pas les préoccupations soulevées par la MOE CENCO-ECC. Décryptage.
Préoccupations CENCO-ECC
Dans sa déclaration préliminaire sur le processus électoral, la MOE CENCO-ECC a pointé des irrégularités et posé quelques questions à la CENI, comme préalables, pour sauver l'intégrité du processus électoral et des résultats des élections.
Parmi ces préoccupations, que la Centrale électorale aurait dû rencontrer, comme préalables à la publication des résultats provisoires de la présidentielle, il y a, entre autres, le nombre de bureaux de vote ouverts le jour du scrutin et après, le nombre de machines à voter et le nombre de bulletins de vote utilisés.
Pour la MOE CENCO-ECC, la réponse de la CENI à toutes ces attentes devra déterminer et rassurer si les irrégularités relevées et le dysfonctionnement du processus électoral n'ont pas affecté les résultats des élections à tous les niveaux.
La fin du non recevoir de la CENI
Alors que toutes les parties prenantes au processus électoral, dont le bloc des candidats Président de l'opposition, attendaient la Centrale électorale rencontrer les préoccupations soulevées par la MOE CENCO-ECC, son président, Denis Kadima Kazadi, lui, a, contre toute attente, publié les résultats provisoires de la présidentielle, proclamant Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo Président élu, avec 73,34%.
Plutôt que de rassurer, la CENI, par le fait de n'avoir pas rencontré les préoccupations de la MOE CENCO-ECC, a renforcé un climat d'incertitude autour des résultats provisoires de la présidentielle.
Alors, questions : pourquoi la Centrale électorale n'a pas répondu aux questionnements de la MOE CENCO-ECC ? Devra-t-on soutenir, en vertu du principe selon lequel qui ne dit mot consent, que la CENI se sent-elle coupable de ce qu'on lui reproche, à savoir la fraude et la tricherie ?
Autant de questions qui restent pendantes.
11.000 BDV non pris en compte
Même si la CENI a réservé une fin de non recevoir aux préalables de la MOE CENCO-ECC, Denis Kadima a mis à nu, peut-être sans le savoir, ce que d'aucuns appellent la supercherie de son institution, lorsqu'il dévoile, selon le compte X de la journaliste Sonia Rolley, le chiffre de BDV -Bureaux de vote- compilés, soit "plus de 64.000 sur les 75.000 prévus".
Petit calcul mental fait, "il y a donc plus de 11.000 bureaux de vote dont les résultats ne seront pas pris en compte par la présidentielle", indique la journaliste.
Aussi curieux que cela puisse paraître, Denis Kadima Kazadi n'en donnera pas des précisions dans la décision de la Centrale électorale portant publication des résultats provisoires de la présidentielle.
Que du flou et de l'incertitude qui se renforcent autour des résultats provisoires de la présidentielle du 20 décembre dernier.
Pour certains analystes, Kadima n'avait pas pu répondre aux questions de la MOE CENCO-ECC, parce que, justement, il savait qu'il y plus ou moins 11.000 bureaux de vote, dont les résultats ne sont pas pris en compte par son institution.
Mais, pourquoi ? Ces résultats n'affectent-ils pas les résultats et l'ordre d'arrivée de la présidentielle ? Les résultats de ces bureaux de vote profitent à quel candidat ?
La légitimité de Tshisekedi entachée
En attendant que la lumière éclate au grand jour, pour crédibiliser le processus électoral et les résultats provisoires publiés par la CENI, Bob Kabamba, professeur de Sciences politiques à l'université de Liège, en Belgique, sans aller par le dos de la cuillère, parle de la légitimité de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui est déjà entachée. Au regard, selon le professeur, de "beaucoup de paramètres qui remettent en cause sa légitimité".
Parlant des paramètres, Bob Kabamba fait allusion notamment au dysfonctionnement qu'a connu le processus électoral, aux irrégularités qui ont émaillé ledit processus.
Des irrégularités, du reste, que la MOE CENCO-ECC a pointées dans sa déclaration préliminaire sur le processus électoral.
Pour le professeur Bob Kabamba, la question de la légitimité de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo restera ainsi l'enjeu majeur, tant que la CENI ne rencontrera pas les préoccupations de la MOE CENCO-ECC.
Ce qui fait penser à certains analystes, que les irrégularités soulevées par la MOE CENCO-ECC et posés comme préalables n'ayant pas été rencontrées par la Centrale électorale, jettent déjà un discrédit sérieux sur les résultats provisoires de la présidentielle et remettent en cause la réélection de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.