Par Prosper Buhuru
L’OLPA -Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique- tire la sonnette d’alarme après l’agression brutale de trois journalistes à Uvira, dans la province du Sud-Kivu. L’organisation de défense de la liberté de la presse se dit "indignée" et "profondément préoccupée" par cette attaque qu’elle qualifie d’atteinte grave aux droits fondamentaux.
Le 8 septembre 2025, André Alimasi, Cléophas Kyembwe et Hussein Djumaine, travaillant respectivement pour Lumière Média TV et la Radio Télévision Lukula, couvraient une manifestation contre la nomination du général Olivier Gasita. Cette mobilisation rassemblait acteurs de la société civile et combattants Wazalendo, qui accusent le général de collusion avec le M23-AFC lors de la prise de Bukavu.
C’est devant la mairie d’Uvira que des militaires des FARDC s’en sont violemment pris aux reporters. Caméra détruite, micro arraché, dictaphone et trépied endommagés : leur matériel de travail a été quasiment réduit en miettes. Cléophas Kyembwe, blessé au bras lors de l’altercation, a dû être conduit d’urgence au centre de santé de Mulongwe.
Pour l’OLPA, il s’agit d’un acte inacceptable : "Ces brutalités commises sur des journalistes dans l’exercice de leur mission d’informer violent de manière flagrante les textes nationaux et internationaux qui garantissent la liberté de la presse", insiste l’organisation.
Elle exhorte les autorités congolaises à ouvrir rapidement une enquête pour identifier les militaires responsables et les traduire devant la justice. "L’impunité ne doit pas prévaloir dans un État de droit", conclut l’OLPA.