Par la Rédaction
Un scandale financier d’une ampleur considérable secoue l’Autorité de l’Aviation Civile Congolaise (AAC). Des agents de cette institution publique alertent sur une affaire présumée de détournement de fonds et s’opposent fermement à tout retour de l’ancienne Directrice Financière et Administrative (DFA), Céline Kabwika Masengu, citée avec preuves dans plusieurs rapports d’audit. Ils appellent la tutelle à prendre des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces actes qu’ils jugent préjudiciables à la crédibilité et au fonctionnement de l’AAC.
Selon ces agents, qui ont requis l’anonymat par crainte de représailles, l’affaire implique une responsable interne aujourd’hui licenciée pour faute grave, ainsi que ses présumés complices. Ces derniers compteraient sur des soutiens politiques de haut niveau pour tenter de se maintenir ou de revenir aux affaires, malgré la gravité des faits reprochés. Les dénonciateurs estiment que toute tentative de réintégration constituerait une entrave manifeste à la justice.
Plusieurs rapports officiels sont cités pour étayer ces accusations, notamment le rapport d’audit des procédures d’engagement et de paiement des dépenses de l’AAC couvrant la période de janvier 2022 à mars 2025, le rapport de certification des comptes annuels clos au 31 décembre 2023 du collège des commissaires aux comptes, ainsi qu’un rapport spécial sur l’audit des dépenses et la performance de gestion pour les exercices 2023-2024. Ces documents concluent à l’implication directe de Céline Kabwika Masengu dans des opérations de détournement de fonds.
Les audits relèvent de nombreuses anomalies graves, dont l’émission de fausses factures de soins de santé, des remboursements indus, de fausses factures de formations, des doubles paiements, le paiement d’un logiciel comptable jamais livré, l’absence de pièces justificatives pour certaines dépenses, des conflits d’intérêts internes, ainsi que le paiement pendant plusieurs années d’une entreprise sans prestations réelles. Les rapports font également état de retenues salariales et d’impôts non reversés au Trésor public, ainsi que de graves irrégularités dans la gestion comptable.
Le rapport final décrit un environnement de contrôle interne profondément défaillant, marqué par une concentration abusive des pouvoirs au sein de la Direction Financière et Administrative et une violation systématique des procédures. Lors d’une audition, l’ancienne DFA aurait reconnu avoir mis en place, à l’insu de la Direction générale, des pratiques permettant d’effectuer certaines dépenses irrégulières, transformant ainsi ce service en un véritable mécanisme de détournement de fonds. Le préjudice financier est estimé à près de 6 millions de dollars américains pour la période auditée.
Malgré son licenciement avec préavis, Céline Kabwika Masengu serait déterminée à reprendre son poste, bénéficiant, selon les agents, de protections internes et externes. Ils dénoncent également le refus du Directeur général de signer les notifications définitives de licenciement, alors que la procédure est arrivée à son terme.
Face à ce qu’ils qualifient d’« hémorragie financière », les agents lancent un appel pressant à la tutelle, à la Primature, à la Présidence de la République et au Procureur général afin que ce dossier soit pris en charge par les instances compétentes et que les responsabilités soient établies conformément à la loi.