Conflit RDC-Rwanda: “Pas de signature finale à Washington sans le retrait effectif de l’armée rwandaise du territoire congolais”, tranche le gouvernement !

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Le porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya [photo d'illustration]
Le porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya [photo d'illustration]

Par la rédaction 

En déplacement à Paris, le ministre congolais de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, était l’invité de Radio France Internationale (RFI) mercredi. Au micro de la radio française, il est revenu sur les avancées du dialogue entre Kinshasa et Kigali, à la lumière du nouvel accord de coopération économique paraphé à Washington.

Le ministre a d’abord tenu à clarifier les contours du CONOPS, le plan opérationnel conjoint signé le 27 juin dernier, qui encadre les engagements militaires et diplomatiques entre les deux pays. Il a insisté sur la volonté du gouvernement congolais de « faire sa part » dans la mise en œuvre des engagements pris, tout en appelant le Rwanda à respecter les siens, notamment le retrait progressif de ses troupes du territoire congolais.

Selon lui, le CONOPS repose sur deux volets essentiels : le traitement de la question des FDLR, rebelles hutu-rwandais présents sur le sol congolais, et le retrait progressif des troupes et matériels militaires rwandais. « Nous faisons notre part, et le Rwanda doit faire la sienne », a-t-il insisté.

Patrick Muyaya a également salué les résultats de la conférence humanitaire de Paris du 30 octobre, qui a permis de mobiliser 1,6 milliard de dollars sur les 2,2 milliards nécessaires pour répondre aux besoins urgents dans l’est du pays. Il a précisé que la réouverture de l’aéroport de Goma à des fins humanitaires « fera l’objet d’une dérogation spéciale ».

Sur un éventuel sommet entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame à Washington, Patrick Muyaya s’est montré ferme. « Le président de la République ne se rendra pas à Washington avant le début effectif du retrait des troupes rwandaises. C’est la condition principale. »

Il a néanmoins estimé que la dynamique régionale est positive, soulignant que la médiation américaine a permis d’intégrer cette exigence dans le cadre économique régional signé à Washington. Évoquant le rôle des États-Unis, le ministre a salué l’implication directe du président Donald Trump et de son envoyé spécial, le Dr Boulos.

«Le président Donald Trump a montré une réelle volonté de parvenir à la paix. Son envoyé spécial est activement engagé. Il y a une pression croissante sur le Rwanda pour que l’accord de paix soit conclu et permette aux bailleurs de financer le développement de la région », a-t-il affirmé.

Interrogé sur la surveillance du cessez-le-feu avec le M23, le ministre a indiqué que « la première réunion sera convoquée incessamment » et qu’une collaboration est en cours avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour la question des prisonniers.

Jeudi 13 novembre 2025 - 09:18