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Exploitation minière à Tenke Fungurume : Moïse Katumbi dénonce un “scandale sanitaire” mettant en danger la vie des populations locales

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L'opposant Moïse katumbi [photo d'illustration]
L'opposant Moïse katumbi [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Le président du parti Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, a lancé une alerte sur les conditions d’exploitation de la mine de Tenke Fungurume, opérée par CMOC Group Ltd en République démocratique du Congo dans la province du Lualaba. S’appuyant sur des révélations de l’Environmental Investigation Agency, il évoque un scandale sanitaire majeur lié à l’extraction du cobalt dans cette région stratégique.

Selon ces révélations, les conditions de travail et de vie autour du site minier sont particulièrement préoccupantes. Des travailleurs seraient exposés sans protection adéquate, tandis que des familles vivraient sous des nuages de dioxyde de soufre. Des cas d’enfants souffrant de troubles respiratoires, de saignements de nez et même de toux avec du sang ont été signalés. Des informations relayées par des médias internationaux font également état d’une hausse des cas de morts-nés et de malformations à la naissance.

Au-delà de la santé humaine, cette situation aurait aussi des répercussions graves sur l’environnement. La pollution dénoncée pourrait entraîner des dommages importants sur la faune et la flore locales, perturbant ainsi l’ensemble de l’écosystème autour de Tenke Fungurume.

Moïse Katumbi affirme que cette situation n’est pas une fatalité. Il rappelle que, durant son mandat comme gouverneur du Katanga, la mine était exploitée par Freeport-McMoRan, et que des règles strictes avaient été imposées pour protéger les populations et l’environnement. Il souligne que des inspections indépendantes étaient organisées tous les six mois afin de garantir le respect des normes environnementales.

Il insiste sur le fait que toute entreprise qui ne respectait pas ces exigences était immédiatement sanctionnée, voire contrainte de cesser ses activités. Selon lui, cette rigueur avait permis d’éviter des situations de pollution industrielle comparables à celles actuellement dénoncées dans la région.

Aujourd’hui, il déplore une évolution qu’il qualifie de dangereuse : la production aurait augmenté, tout comme les profits, tandis que les populations locales seraient exposées à un air devenu nocif. Pour lui, il ne s’agit pas d’un simple incident, mais d’un système dans lequel l’exploitation des ressources se ferait au détriment des communautés locales.

L’enjeu dépasse, selon lui, le cadre national. Le cobalt extrait en RDC est essentiel à la transition énergétique mondiale, notamment pour les batteries des véhicules électriques et des appareils électroniques. Toutefois, il estime qu’une transition reposant sur la dégradation de la santé des populations africaines constitue une injustice et une contradiction majeure.

Face à cette situation, Moïse Katumbi appelle à des mesures urgentes, notamment la transparence sur les données environnementales, la mise en place d’une enquête indépendante, la prise en charge médicale des populations affectées, la suspension de toute expansion industrielle et l’ouverture de poursuites judiciaires. Il conclut en affirmant qu’aucune avancée technologique ou énergétique ne devrait se faire au prix de la vie humaine, soulignant que la protection des populations doit rester une priorité absolue.

Mardi 17 mars 2026 - 20:19