Par Prosper Buhuru
L’ancien Président de la République Joseph Kabila est, à nouveau, sorti de son silence, à travers une interview accordée à la journaliste Ruth Maclean de New-York Times, dans laquelle il dresse un regard critique sur son passage au pouvoir et laisse planer le doute sur ses ambitions politiques.
Interrogé sur son bilan, l’ex-chef de l’État reconnaît un échec majeur : celui de ne pas avoir réussi à transformer les citoyens congolais. Selon lui, la qualité des dirigeants dépend directement du niveau civique de la population. Une autocritique rare, dans un contexte où son héritage politique reste fortement débattu.
Sur la question d’un éventuel retour à la présidence, Joseph Kabila adopte une posture ambiguë. S’il affirme avoir été « très, très heureux » de quitter le pouvoir en 2019, il se montre nettement plus sombre dans son appréciation de la situation actuelle du pays, allant jusqu’à déclarer qu’« il faut être fou pour être heureux » en observant l’évolution de la RDC.
Face à l’insistance sur ses intentions politiques, il esquive une réponse claire, rejetant l’idée d’une candidature tout en insistant sur le besoin de « patriotes capables de remettre le pays sur les rails ». Une déclaration qui contraste avec ses propres propos, dans lesquels il se présente comme l’un des principaux défenseurs de la nation.
Cette sortie médiatique intervient dans un climat politique marqué par des tensions persistantes entre Joseph Kabila et son successeur Félix Tshisekedi, sur fond de controverses autour de la transition de 2018 et de la gouvernance actuelle du pays.
À travers cet entretien, l’ancien Président semble osciller entre justification de son passé, reconnaissance partielle de ses limites et maintien d’un positionnement stratégique, laissant ouverte la question de son avenir politique.