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Est de la RDC : 6,47 millions de déplacés et plus d’un milliard de dollars d’aide urgente, des chiffres accablants d’un drame humanitaire majeur

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Des personnes déplacées par le conflit armé [photo d'illustration]
Des personnes déplacées par le conflit armé [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

La crise que traverse la République démocratique du Congo (RDC) figure parmi les plus graves et urgentes au monde, selon Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme. Cette situation alarmante est principalement alimentée par l’intensification des conflits armés dans l’est du pays, où la détérioration de la situation humanitaire ne cesse de s’accentuer, notamment dans la province du Nord-Kivu.

Depuis un peu plus d’un an, la crise humanitaire s’est considérablement aggravée. Entre janvier et février 2025, plus de 700 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers à la suite des affrontements.

Aujourd’hui, la RDC compte environ 6,47 millions de personnes déplacées internes sur une population estimée à 113 millions d’habitants. Ce chiffre place le pays au cinquième rang mondial des pays les plus touchés par les déplacements internes, derrière le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine, illustrant l’ampleur de la crise en cours.

Le contexte de ce conflit est profondément enraciné. Deuxième plus grand pays d’Afrique après l’Algérie, la RDC s’étend sur 2,34 millions de km². Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, riches en ressources minérales et situées à la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda, sont le théâtre de violences persistantes depuis plus de trois décennies, impliquant environ 122 groupes armés ainsi que, dans certains cas, des forces étrangères.

Depuis 1996, les différentes guerres et conflits dans l’est du pays auraient causé la mort de plus de 6 millions de personnes, selon des estimations régulièrement citées dans les rapports des Nations Unies. Ce conflit, considéré comme l’un des plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale, est alimenté par des cycles de violence liés notamment au contrôle des ressources naturelles, dont le coltan, un minerai stratégique utilisé dans la fabrication d’appareils électroniques et d’avions.

Les populations civiles, en particulier les femmes et les filles, paient le prix le plus lourd de cette crise. Le recours au viol comme arme de guerre s’est intensifié, avec une augmentation d’un tiers des cas en 2025 par rapport à 2024, selon le Fonds des Nations Unies pour la population. Cette situation dramatique s’inscrit dans un contexte humanitaire déjà marqué par des niveaux alarmants d’insécurité alimentaire, de malnutrition et de mortalité maternelle et infantile.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés estime que le nombre de déplacés pourrait atteindre 9 millions d’ici fin 2026 si les violences se poursuivent. Par ailleurs, environ 26,6 millions de personnes ne parviennent pas à couvrir leurs besoins alimentaires de base, selon le Programme alimentaire mondial, tandis que 6,4 millions souffrent de malnutrition aiguë.

Dans ce contexte, les Nations Unies, à travers leur mission de maintien de la paix et leurs nombreux programmes, poursuivent leurs efforts pour stabiliser le pays et répondre aux besoins humanitaires, estimés à 1,4 milliard de dollars pour l’année 2026, alors que 14,9 millions de personnes nécessitent une assistance urgente.

Jeudi 23 avril 2026 - 16:19