Par Serge Mavungu
Zaïko était à la hauteur. Cela faisait 24 ans que Zaïko Langa Langa Nkolo Mboka n’avait plus joué dans une grande salle parisienne. Le dernier concert dans la capitale remontait au 7 septembre 2002. Le 24 avril 2026, le groupe a fait salle comble au Zénith de Paris. Sold out. Son et lumière étaient au rendez-vous, sublimant chaque note et chaque pas de danse.
Devant un public conquis, Zaïko Langa Langa a revisité tout son parcours, de sa création à aujourd’hui. Sans égrener tous les titres, le groupe a rappelé pourquoi il reste une école. Guitares ciselées et cris d’animation ont remis Paris à l’heure de Kinshasa. La salle a chanté avec Jossart Nyoka Longo, leader du groupe. On a senti une communion comme au début des années 1970. Tout feu, tout flamme.
La soirée a aussi été marquée par la présence d’invités de marque.
Jean-Claude Naimro , pilier de Kassav, a partagé la scène avec Zaïko. Autre guest de poids : Lita Bembo, ancien de Stukas Boys et voix marquante de la fin des années 1960 et du début des années 1970, a participé à la fête.
Le temps fort de la soirée a été dédié à ceux qui ont rejoint l’au-delà. Un hommage vibrant a été rendu aux disparus du clan, notamment à Papa Wemba. Le groupe a repris « Phrase », titre phare de Bokul sorti avec Viva La Musica, avant d’enchaîner avec « M.T. la Vérité », chanson enregistrée au début des années 1970, à l’époque où il chantait encore dans Zaïko. Debout, portables allumés, la salle a repris en chœur. L’émotion était palpable.
Il convient de le rappeler : si cet orchestre existe encore aujourd’hui, c’est grâce à la ténacité de Jossart Nyoka Longo. Le pari de durer. Le pari de revenir. Car Zaïko a connu des scissions qui auraient coulé n’importe quel groupe. Dès 1974, l’attaque chant ISIFI composée d’Evoloko, Mavuela, Bozi et Papa Wemba claque la porte pour fonder Isifi Lokole. Zaïko reste debout. En 1980, le départ du soliste Manuaku Waku provoque un séisme. Zaïko tient bon. En 1981, nouvelle vague de départs : Evoloko et Bozi, pour la deuxième fois, s’en vont créer un autre orchestre. Zaïko se maintient. Quatrième secousse en 1988, au lendemain des 18 ans de Zaïko : un tiers du groupe part. Mais il est resté.