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Masisi : à Kitshanga, un infirmier alerte sur les accouchements à domicile chez les femmes Pygmées

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Des femmes pygmées en session de formation sanitaire   Photo d'illustration
Des femmes pygmées en session de formation sanitaire

Photo d'illustration

Par Denise Kyalwahi 

À Kitshanga, dans le groupement Bashali Mokoto en territoire de Masisi, l’infirmier titulaire du centre de santé Umoja tire la sonnette d’alarme face à une situation préoccupante : la faible fréquentation des services de maternité par les femmes pygmées.

Pour Tushime Jean Bosco, cette réalité constitue un véritable enjeu de santé publique. Il constate que, bien que ces femmes se rendent au centre pour d’autres soins médicaux, elles restent largement absentes lorsqu’il s’agit du suivi de grossesse ou de l’accouchement. Une tendance qu’il juge risquée, tant pour les mères que pour les nouveau-nés.

Selon lui, l’accouchement à domicile expose à des complications graves qui pourraient être évitées grâce à un encadrement médical approprié. Il insiste particulièrement sur l’importance des consultations prénatales régulières, qu’il considère comme essentielles pour détecter à temps d’éventuels problèmes et assurer une grossesse plus sûre.

« Nous recevons ces femmes pour diverses maladies, mais très rarement pour les consultations prénatales ou l’accouchement. Pourtant, accoucher à domicile comporte de nombreux dangers. Nous les encourageons vivement à venir au centre de santé pour un meilleur suivi et un accouchement sécurisé », souligne-t-il.

Au-delà de cet appel, l’infirmier met en lumière un défi plus profond : la nécessité de rapprocher davantage les services de santé de cette communauté, en tenant compte de ses réalités spécifiques.

Du côté des femmes concernées, les raisons de cette réticence sont bien connues. Plusieurs évoquent des difficultés économiques importantes, notamment l’incapacité de se procurer des vêtements pour le nouveau-né ou de faire face aux frais liés à la sortie du centre de santé.

« Nous ne sommes pas habituées à accoucher à l’hôpital. Souvent, nous n’avons rien pour accueillir le bébé ni les moyens de quitter dignement le centre après l’accouchement. C’est pourquoi nous préférons rester à la maison, même si nous savons qu’il y a des risques », confie l’une d’entre elles.

Face à cette réalité, Tushime Jean Bosco plaide non seulement pour une intensification de la sensibilisation, mais aussi pour des solutions concrètes visant à réduire les barrières financières et sociales. Pour lui, améliorer l’accès aux soins maternels dans cette zone passe autant par l’information que par un accompagnement adapté aux conditions de vie des femmes pygmées.

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Vendredi 24 avril 2026 - 22:06