Breaking News

RDC : devant le Sénat, Eve Bazaiba sonne l’alarme sur une crise humanitaire persistante et multidimensionnelle

Catégorie
Image
La ministre des Affaires sociales Ève Bazaiba [photo d'illustration]
La ministre des Affaires sociales Ève Bazaiba [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

La ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Eve Bazaiba, a été auditionnée, jeudi 23 avril 2026, par les membres de la Commission socio-culturelle, Genre, Famille et Enfant du Sénat de la République démocratique du Congo. Cette séance s’inscrivait dans le cadre du contrôle parlementaire ; exercice de redevabilité permettant aux élus d’évaluer l’action gouvernementale face aux enjeux sociaux et humanitaires.

Devant les sénateurs, la ministre a présenté un aperçu des actions menées par le Gouvernement en faveur des populations vulnérables. Elle a notamment évoqué la prise en charge des déplacés internes et externes, victimes des conflits armés persistants dans l’Est du pays, ainsi que les interventions déployées à la suite de catastrophes naturelles telles que les inondations.

Structurant son intervention autour de deux axes, une introduction consacrée à l’obligation de redevabilité et des réponses aux préoccupations des élus, Eve Bazaiba a dressé un état des lieux préoccupant de la situation humanitaire nationale. Elle a rappelé que la République démocratique du Congo est confrontée depuis plus de trente ans à une succession de crises, notamment liées aux conflits armés, aux tensions intercommunautaires et aux épidémies, provoquant des déplacements massifs de populations.

Selon les chiffres avancés, la crise humanitaire actuelle constitue une véritable urgence nationale. Plus de 7,3 millions de personnes nécessitent une assistance, dont 5,38 millions de déplacés internes. À cela s’ajoutent plus d’un million d’enfants déscolarisés et près de 90 000 femmes victimes de violences sexuelles, illustrant l’ampleur des défis sociaux auxquels le pays fait face.

La ministre a également informé les sénateurs du désengagement de certains partenaires internationaux, notamment les États-Unis et la Grande-Bretagne ; ce qui affecte les capacités de réponse humanitaire. Toutefois, elle a souligné la poursuite de l’appui d’autres partenaires tels que le Programme alimentaire mondial, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, l’UNFPA, l’Union européenne et OCHA, qui continuent d’accompagner les efforts du Gouvernement.

Face aux contraintes financières, le Gouvernement congolais mise sur la mobilisation des ressources internes et prévoit le lancement prochain d’une campagne de solidarité nationale. 

Par ailleurs, plusieurs projets de lois relatifs à l’action humanitaire et à la protection des personnes vulnérables devraient être soumis au Parlement, avec un accent particulier sur la prévention des crises et le relèvement des communautés affectées.

Sur le terrain, des interventions humanitaires ont été menées dans plusieurs zones affectées, notamment à Goma, à Uvira, ainsi que dans des pays voisins comme la Tanzanie et le Burundi. 

Des actions ont également été conduites dans certaines localités du Kongo Central touchées par des catastrophes naturelles, avec la distribution de denrées de première nécessité. Concernant la gestion de la dotation minimale de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières, la ministre a précisé qu’elle est assurée avec l’appui du Fonds National de Promotion et de Service Social, sous la supervision conjointe des ministères concernés.

Au cours des échanges, les sénateurs ont soulevé plusieurs préoccupations liées notamment à la situation des déplacés du phénomène Mobondo dans le Maï-Ndombe, à ceux de Pakadjuma à Kinshasa, ainsi qu’aux conditions de vie précaires observées dans des provinces comme l’Ituri, le Kasaï et le Kongo Central. En réponse, Eve Bazaiba a apporté des éclaircissements sur les actions en cours, tout en appelant à une implication accrue des autorités provinciales et en évoquant les démarches engagées pour résoudre certaines crises locales à travers des mécanismes de dialogue et de sécurité.

Étiquettes
Vendredi 24 avril 2026 - 14:00