Par la Rédaction
L’opposant Jean-Marc Kabund a tenu un meeting, ce vendredi 24 avril 2026, devant ses militants sur le boulevard Lumumba. Entouré de cadres de son parti, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a multiplié les attaques contre la gestion du pays.
« C’est un gouvernement de tâtonnement. Apparemment, ils n’ont pas un bon programme. Ils font du touche-à-tout : ils prennent ça, ils laissent ça. Il n’y a pas de cohérence dans la gestion de la chose publique », a lancé l’opposant.
Au sujet de la révision constitutionnelle,
il a mis en garde contre toute tentative de changement de Constitution. « La modification de la Constitution est constitutionnelle, mais la même Constitution dit qu’en cette période, cela n’est pas faisable », a-t-il rappelé. « Au vu de l’état et de la situation dans laquelle se trouve le pays, on ne peut pas procéder à un changement de Constitution ».
Détournement des deniers publics : le cas FRIVAO
Jean-Marc Kabund accuse les autorités de détourner les deniers publics pour s’enrichir. Il a pointé le dossier FRIVAO, le Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC. Ces fonds devaient indemniser les victimes de la guerre de Kisangani, où s’étaient affrontées les armées rwandaise et ougandaise.
Refus d’accueillir les immigrants afghans
L’opposant a critiqué le projet d’accueil d’immigrants afghans. « J’ai une mauvaise lecture de cette histoire. Comment peut-on amener ces gens ici alors que nous n’avons pas encore résolu nos propres problèmes ? Quand ils viendront, comment cela va-t-il finir ? », s’est-il interrogé.
« En plus, on ne doit pas considérer le Congo comme le cinquante-quatrième État des États-Unis », a-t-il martelé, dénonçant une atteinte à la souveraineté.
Tableau social alarmant
Il a décrit une situation socio-économique préoccupante : territoires non reliés, famine, non-scolarisation massive des enfants. Il a aussi dénoncé « l’enrichissement sans cause des expatriés, au grand mépris de la population congolaise ».
Une date qui n’est pas anodine
La tenue de ce meeting le 24 avril n’est pas un hasard. C’est une date hautement symbolique en RDC : le 24 avril 1990, le maréchal Mobutu Sese Seko annonçait la fin du parti unique et l’introduction du multipartisme. En choisissant ce jour, Jean-Marc Kabund inscrit son discours dans l’histoire des luttes démocratiques congolaises.