Par Patrick Kitoko
Le président Félix-Antoine Tshisekedi impose à son cabinet une interdiction de tout contact direct ou indirect avec l'ambassade de Belgique en RDC, selon une note circulaire du 15 octobre 2026. Cette décision intervient dans un contexte marqué notamment par la perquisition signalée à son domicile d'Uccle, en Belgique, et par une rencontre, la veille, entre la ministre congolaise des Affaires étrangères et l'ambassadrice belge. Aucun lien direct entre ces événements et la mesure présidentielle n'est toutefois établi à ce stade.
Les relations entre Kinshasa et Bruxelles sont au centre de nouvelles interrogations. Dans une note circulaire datée du 15 octobre 2026, le directeur de cabinet du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, instruit les membres du cabinet présidentiel de s'abstenir, jusqu'à nouvel ordre, de tout contact direct ou indirect avec l'ambassade du Royaume de Belgique en République démocratique du Congo. Cette instruction concerne notamment les directeurs de cabinet adjoints, les conseillers, les coordonnateurs des services spécialisés ainsi que les responsables des services personnels et de l'Office privé du chef de l'État.
Désormais, toute communication jugée nécessaire avec la représentation diplomatique belge devra être préalablement autorisée et passer exclusivement par le canal officiel du ministère congolais des Affaires étrangères. Tout manquement à cette consigne expose son auteur à des sanctions administratives et disciplinaires.
La perquisition à Uccle dans le contexte
Cette décision intervient dans un contexte marqué par des informations faisant état d'une perquisition au domicile du président Félix-Antoine Tshisekedi à Uccle, en Belgique. Cet épisode soulève des interrogations sur ses éventuelles répercussions diplomatiques, sans qu'il soit possible, en l'état des éléments disponibles, d'affirmer qu'il constitue la cause de la nouvelle instruction présidentielle. La prudence reste donc de mise : ni la note circulaire ni les éléments présentés ici ne permettent d'établir un lien de causalité entre cette perquisition et la restriction imposée aux membres du cabinet présidentiel.
Une rencontre diplomatique la veille
Autre élément à prendre en compte : la rencontre, le 14 octobre, entre la ministre congolaise des Affaires étrangères et l'ambassadrice de Belgique en RDC. Cet échange, intervenu la veille de la publication de la note, constitue un élément important de la chronologie diplomatique. Toutefois, sans précisions officielles sur le contenu des discussions, il serait prématuré d'y voir une explication directe de la décision prise par la présidence congolaise.
Kinshasa impose un canal officiel
Au-delà des circonstances entourant cette mesure, l'instruction présidentielle instaure un contrôle plus strict des échanges entre le cabinet du chef de l'État et la représentation belge. Elle prévoit une centralisation des communications par le ministère des Affaires étrangères, sans annoncer formellement une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.
Reste à savoir si les autorités congolaises fourniront des explications sur les motivations de cette décision et si Bruxelles réagira officiellement à cette restriction.
Pour l'heure, la chronologie — perquisition signalée à Uccle, rencontre diplomatique du 14 octobre et note circulaire du 15 octobre — nourrit les interrogations, mais ne suffit pas à démontrer que ces événements sont directement liés.