RDC : la maladie à virus Ebola due à la souche Bundibugyo déclarée urgence de santé publique internationale par l’OMS

Catégorie
Image
le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus
Le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus

Par Gloire Balolage

La maladie à virus Ebola due à la souche Bundibugyo constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Cette décision a été annoncée par le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, après consultation avec la République démocratique du Congo et l’Ouganda, deux pays actuellement touchés par cette nouvelle flambée épidémique

Cette résurgence d’Ebola a été signalée dans la province de l’Ituri, au nord-est de la RDC, principalement dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia. Selon les autorités sanitaires et l’OMS, plusieurs cas suspects ainsi que des dizaines de décès communautaires ont été enregistrés ces dernières semaines avant la confirmation officielle de l’épidémie par les analyses de laboratoire de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) basé à Kinshasa.

Les analyses effectuées sur les prélèvements ont révélé qu’il s’agit de la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante particulièrement préoccupante car elle ne dispose actuellement ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique approuvé. Cette situation inquiète fortement les autorités sanitaires internationales, d’autant plus que des cas liés à cette épidémie ont déjà été signalés à Kampala, en Ouganda, ainsi qu’à Kinshasa.

D’après l’OMS, plus de 240 cas suspects et plusieurs dizaines de décès ont déjà été recensés en Ituri. L’organisation redoute une propagation rapide dans la région en raison des mouvements de populations, des échanges transfrontaliers et de la forte mobilité observée dans les zones minières touchées par l’épidémie.q

Face à cette situation, les autorités congolaises, avec l’appui de l’OMS et de plusieurs partenaires internationaux, ont renforcé les mesures de riposte. Des équipes médicales supplémentaires ont été déployées sur le terrain, tandis que du matériel médical et des équipements de protection ont été acheminés vers Bunia pour soutenir les centres de traitement et les opérations de surveillance sanitaire.

Les autorités sanitaires misent également sur le traçage des contacts, l’isolement des cas suspects, le contrôle sanitaire aux points d’entrée ainsi que la sensibilisation communautaire afin de limiter la propagation du virus.

Cette nouvelle flambée constitue la 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis l’identification du virus en 1976. L’OMS estime que cette épidémie pourrait être plus importante que les chiffres actuellement connus, notamment à cause du nombre élevé de cas suspects et des difficultés d’accès dans certaines zones touchées par l’insécurité.

Par ailleurs, depuis la matinée de ce dimanche 17 mai 2026, la frontière entre la RDC et le Rwanda, au niveau de la petite barrière de Goma, a été fermée. Cette mesure vise à empêcher la propagation du virus dans la province du Nord-Kivu, alors que les services sanitaires restent en état d’alerte maximale face à cette nouvelle flambée épidémique.

Dimanche 17 mai 2026 - 11:20