Par Gloire Balolage
Réunis à Nairobi, au Kenya, les représentants des États africains et de la République française ont adopté, le 12 mai 2026, la déclaration du Sommet Africa Forward 2026. Placée sous le thème « Africa Forward : Partenariat Afrique-France pour la croissance et l’innovation », la rencontre a permis de définir un nouveau cadre de coopération axé sur la paix, le développement durable, l’innovation et la transformation économique du continent.
Dans cette déclaration commune, les participants ont reconnu les profondes mutations économiques, technologiques, environnementales et géopolitiques qui traversent le monde. Ils ont réaffirmé leur attachement à un ordre international fondé sur la Charte des Nations Unies et souligné la nécessité de bâtir des économies résilientes et inclusives face aux défis contemporains.
Les dirigeants ont insisté sur le rôle stratégique de l’Afrique dans la croissance mondiale et sur l’importance de partenariats fondés sur le respect mutuel, la responsabilité partagée et le co-développement. La déclaration se veut un cadre pour renforcer durablement les relations entre l’Afrique et la France autour de priorités communes.
Sur le plan sécuritaire, le sommet a accordé une place centrale aux questions de paix et de stabilité. Les participants ont soutenu les solutions africaines aux crises, via l’Architecture africaine de paix et de sécurité de l’Union africaine. Ils ont aussi plaidé pour un partenariat renforcé entre l’ONU et l’UA, notamment dans le financement et la conduite des opérations de maintien de la paix menées par l’organisation continentale.
La déclaration met l’accent sur la lutte contre les menaces transnationales : terrorisme, criminalité organisée, cybermenaces, trafic d’armes, trafic de migrants et flux financiers illicites. Les signataires ont appelé au renforcement des capacités collectives africaines face aux crises persistantes dans la Corne de l’Afrique, les Grands Lacs et le Sahel, en liant sécurité, développement économique, éducation et autonomisation des jeunes.
Une large partie des engagements porte sur la transformation du secteur agricole. Les participants ont affirmé la nécessité de moderniser l’agriculture africaine pour en faire un secteur compétitif, résilient au changement climatique et capable de soutenir l’industrialisation. Les priorités incluent le développement des chaînes de valeur agricoles, la recherche, l’innovation, l’agro-industrialisation et l’amélioration des systèmes alimentaires et de la productivité de l’élevage.
L’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes figurent aussi parmi les priorités. Les États se sont engagés à soutenir les petits exploitants agricoles via un meilleur accès au financement, aux outils numériques, aux innovations agricoles et aux programmes de développement des compétences.
L’objectif affiché est de renforcer la sécurité alimentaire tout en stimulant les économies rurales et les échanges commerciaux dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine. Dans le domaine de la santé, les représentants africains et français ont insisté sur la nécessité de bâtir des systèmes sanitaires résilients et accessibles.