Par Prosper Buhuru
La Haute cour militaire a tranché, ce mardi 20 janvier 2026, sur les exceptions de procédure soulevées dans le dossier du lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la troisième zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo.
Saisie d’un mémoire unique déposé par la défense, la juridiction militaire a estimé que les moyens invoqués étaient recevables sur la forme, mais dépourvus de fondement juridique. En conséquence, la Cour a rejeté la demande de libération du prévenu et ordonné la poursuite de l’instruction.
Lors de l’audience précédente, les avocats de Philémon Yav avaient contesté la régularité de la procédure, évoquant notamment l’incompétence de la Haute cour militaire, l’absence d’autorisation présidentielle pour engager les poursuites, ainsi que le caractère arbitraire de l’arrestation. Ils avaient également dénoncé des atteintes à la dignité de leur client et la production de procès-verbaux qu’ils estiment établis en violation des dispositions légales, demandant leur exclusion du dossier.
Philémon Yav Irung est poursuivi dans une affaire où il est soupçonné d’entretenir des liens avec l’entourage du rwandais James Kabarebe. Affecté depuis 2020 dans l’est du pays, il avait la responsabilité d’une vaste zone stratégique couvrant le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema et la Tshopo. L’ouverture de ce procès intervient près de trois ans après son arrestation, survenue en septembre 2022.