Par Edmond Izuba
Les militants de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) restent sereins quelques jours avant le verdict en appel du procès dit de 100 jours impliquant leur leader Vital Kamerhe. Cet acteur incontournable de la scène politique congolaise est condamné au premier degré à 20 ans des travaux forcés pour détournement des deniers publics, corruption et blanchiment des capitaux. A la tête de cette mobilisation en faveur de Kamerhe se trouve Billy Kambale, tout frais Secrétaire Général du parti et ancien ministre de la Jeunesse et nouvelle citoyenneté. Après avoir animé deux activités d’une haute portée au sein du parti ce samedi 12 juin, à savoir: le lancement des cartes biométriques des membres et l’installation du nouveau comité fédéral de Kinshasa nouvellement nommé, Billy Kambale a accordé une interview à Opinion-info.cd. Il ne cesse de rappeler aux militants la bataille qui attend le parti dans les jours à venir.
L’actuel gardien du temple, à l’absence du président qui croupit à la prison, croit dur comme fer à l'innocence de VItal Kamerhe malgré sa condamnation « à l’issue d’un procès stalinien devant le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe».
Le téméraire Billy Kambale ne met pas sa langue en poche, il préfère attendre le verdict dans un esprit de combativité mais pas de sportivité. Convaincu jusqu’à la moelle épinière que même le procès en appel était couvert de beaucoup d’irrégularités, le numéro deux de l’Union pour la nation congolaise parle d’un acharnement pur et simple. Le verdict en appel consistera justement à l’acquittement de notre leader.
Pour toute l’UNC, ce procès a livré plusieurs vérités. Le temps s'est donc chargé de démontrer avec des faits visibles l'innocence de Vital Kamerhe. Ce temps s'est montré meilleur allié de la vraie justice.
«Au départ quand on a condamné notre président il y avait un flou qui planait, entretenu par le ministère public et la partie civile qui n’avaient pas voulu mettre à la disposition de nos avocats des éléments de preuve, et puis on a occulté une grande partie d'un procès équitable notamment sur les descentes sur terrain. Mais au fil du temps, vous avez vu les différents PV des huissiers des différents tribunaux disséminés à travers le pays là où se trouvent les conteneurs des maisons préfabriquées et surtout les sites où les maisons avaient commencé à être érigées. Cela a été complété par les enquêtes journalistiques, sans oublier les lettres de la Société Karmod où les marchandises ont été livrées. Aujourd’hui c’est démontrable noir sur blanc que toutes les opérations qui entre dans le cadre des maisons préfabriquées ont été effectuées. Encore qu’on a jamais prouvé, au vu de tous ces éléments, depuis le début de cette affaire, son implication dans quoi que ce soit. Voilà pourquoi nous exigeons son acquittement», a déclaré B. Kambale.
Le parti né de la résistance ne compte rien concéder face à l’injustice. Il promet par contre une opposition farouche contre l’injustice au cas où Vital Kamerhe est condamné en appel. Pour cela le SG Billy Kambale dit n’avoir peur de personne et ne cautionne plus voir l'emprisonnement de son président être prolongé.
«J’ai dit que nous sommes un parti né dans la résistance, nous allons résister parce que si nous restons silencieux face à une injustice qui est commise quelque part dans le monde nous seront tous complice de cette injustice. Nous allons nous battre, nous serons dans la rue ici à Kinshasa, et nous irons aussi devant les tribunaux internationaux pour rétablir notre Chef dans ses droits. La République démocratique du Congo doit faire très attention parce que aujourd’hui vous pouvez vous entêtez de faire des instruments d’Etat des instruments des règlements des comptes; mais le régime passé les gens ont subi des mesures drastiques, il y avait même ceux qui ont été interdits de voyager tout simplement parce qu’il y avait instrumentalisation de la justice. Rappelez-vous du cas de Moïse Katumbi qui a été condamné dans ce pays à trois ans de prison ferme, mais aujourd’hui je suis certain que ce jugement qui l’avait condamné ne vaut même pas les papiers sur lesquels il était coulé. Donc, moi je dis qu’on devrait tirer les leçons du passé. Vous pouvez aujourd’hui vous acharner sur Vital Kamerhe, mais croyez-moi, d’une manière ou d’une autre, vous allez le libérer soit politiquement, soit de la même manière juridique comme vous le faites aujourd’hui», note le gardien du parti UNC.
Les juges de la cour d’appel ont promis de rendre le verdict le 15 juin prochain, mais sans la conclusion des avocats de Vital Kamerhe qui ont refusé de plaider en solidarité avec les avocats de Daniel Masaro qui avaient récusé les membres de la composition.