Etat de siège : Human Rights Watch recense au moins 739 civils tués en Ituri et au Nord-Kivu

Catégorie
Image
Les rebelles ADF dans l'est de la RDC
Les rebelles ADF dans l'est de la RDC

Par G.T

L'ONG Human Rights Watch peint un tableau peu reluisant de l'état de siège dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu. Dans son rapport publié, ce jeudi 16 septembre,2021, l'ONG de défense des droits de l'homme dit avoir recensé au moins 739 civils tués dans ces deux provinces depuis que cette mesure est entrée en vigueur. Ces données ont été fournies et recueillies par le Baromètre sécuritaire du Kivu, une initiative conjointe de Human Rights Watch et du Groupe d’étude sur le Congo.

L’un des nombreux massacres perpétrés en août met en évidence l’insécurité persistante dans la région et l’insuffisance de la réponse militaire, rajoute HRW. Le 2 août, les Forces démocratiques alliées (Allied Democratic Forces, ADF), un groupe armé islamiste dirigé par des Ougandais, auraient tué au moins 16 civils, dont deux femmes, dans le village d’Idohu, situé dans la province de l’Ituri. Une douzaine de soldats de l’armée congolaise se trouvaient dans le village et d’autres étaient stationnés dans un camp militaire à proximité, mais ils n’ont pas empêché l’attaque. D’autres groupes armés et certains éléments de l’armée nationale congolaise ont également été impliqués dans des attaques dans la région.

« Si le gouvernement congolais reconnaît la nécessité de sécuriser davantage les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, l’imposition de l’état de siège n’a pas permis d’y parvenir », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal sur la RD Congo à Human Rights Watch. « Bien que le gouvernement s’efforce de dépeindre ses actions en succès militaires, bon nombre d’habitants de l’est de la RD Congo vivent toujours dans la peur constante du prochain massacre. »

En août, Human Rights Watch s’est entretenu par téléphone avec sept témoins de l’attaque d’Idohu, ainsi qu’avec des activistes congolais de cette zone, des députés nationaux, des membres du personnel sécuritaire et diplomatique, des fonctionnaires de l’ONU, et le porte-parole du gouvernement.

Depuis que l’état de siège a été déclaré, les données de Baromètre sécuritaire du Kivu ne montrent aucune indication que les forces congolaises ont intensifié leurs opérations militaires pour améliorer la protection des civils dans les zones les plus à risque.

« Nous avions eu des informations selon lesquelles ces ennemis [les groupes armés] étaient en route, mais [les soldats du gouvernement] ne les ont pas poursuivis », a déclaré à Human Rights Watch un activiste basé à Idohu. « À Idohu, il y avait des militaires, mais ils ont fui vers leur camp, qui se trouve à environ un kilomètre. Nous ne comprenons pas comment ils opèrent. »