Yeux désormais rivés sur l'avenir: Tshisekedi-Kamerhe, the new deal

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Félix Tshisekedi, chef de l'État et le président de l'UNC, Vital Kamerhe
Félix Tshisekedi, chef de l'État et le président de l'UNC, Vital Kamerhe

Par Laurent OMBA

Point n'est besoin de ressasser les mauvais souvenirs d'un récent passé douloureux. Pas de temps de s'adonner à la folie de la célébration d'un acquittement qui a pourtant fait grand bruit. Cependant, plus de concentrations, les enjeux étant de taille. A n'en point douter, dans la tête de Vital Kamerhe, récemment reconnu non-coupable des griefs de détournement des deniers publics, ayant pesé sur lui pendant plus de deux ans, et conduit à son incarcération, défilent, à tour de rôle, ces pensées.

Au commencement, c'était CACH

Le leader de l'UNC, quelques jours seulement après la fin de ses démêlés avec la justice, s'est affiché, tard dans la soirée du mardi 28 juin 2022, aux côtés du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, qui est avant tout son allié politique au sein du CACH, vainqueur de la Présidentielle de décembre 2018. A peine un mois avant ce scrutin, Tshisekedi et Kamerhe, s'estimant roulés dans la farine lors du conclave de l'opposition à Genval en Suisse, se sont retirés de l'accord conclu et ont mis en place une nouvelle plateforme baptisée "Cap pour le changement" (CACH). Les deux hommes ont alors conclu un premier deal politique. Tenant compte des résultats électoraux, ce deal a vu certains de ses paramètres modifiés. Kamerhe, qui devrait être le Premier ministre de Tshisekedi, sera finalement le Directeur de cabinet de celui-ci, faute pour le CACH de remporter la majorité parlementaire.

Sous les verrous, VK a fini par perdre son poste de Dircab sans toutefois résilier son accord politique de 2018 avec le fils du Sphinx de Limete. L'UNC, sa formation politique, tout comme lui-même durant le procès 100 jours, très suivi au pays, car télévisé en direct sur les antennes de la chaîne nationale, est restée confiante, disciplinée et loyale vis-à-vis du Chef de l'Etat, quoi qu'indexé dans l'opinion comme auteur du malheur de Kamerhe, tant il a tenu à être le seul Roi dans la Cour, la présence de son partenaire lui faisant de l'ombrage.

Pas besoin d'un schéma pour se rendre à l'évidence que Vital Kamerhe a pris soin de préserver l'accord CACH pendant ces deux années tumultueuses. Il a eu raison. Car, voici que cet accord, selon les signes du temps qui court, lui permet de s'offrir une seconde jeunesse... politiquement parlant.

Primature à la portée de VK?

Maintenant que le passé carcéral est désormais passé, Tshisekedi et Kamerhe se sont à nouveau regardés en face. L'heure est à un nouveau deal. Sans doute. Et, ça se négocie déjà. Le déplacement de la Cité de l'UA, effectué par le leader de l'UNC, pousse à le croire. Ses propos encore plus. L'homme, à sa sortie de chez le Président, a clairement indiqué qu'ensemble, ils ont fait le point sur leur partenariat politique. Clair comme l'eau de la roche.

Dans les salons huppés de Kinshasa, les violons s'accordent sur la revisitation du partenariat Tshisekedi-Kamerhe. Rien cependant ne laisse entrevoir de quoi cette revisitation sera faite. Malgré cela, un bruit, depuis bien de temps, ne cesse de se répandre et de faire de Vital le successeur de Sama Lukonde à la Primature. Le concerné, en répondant à cette question devant la presse, n'a pas du tout fermé la porte... donc il est preneur. "Je me vois comme un citoyen Congolais déterminé à aider le pays. Il ne faudrait pas être Premier ministre ou Président de la République pour aider son pays", a confié le leader de l'UNC, ajoutant qu'il laisse le soin à "Dieu d'inspirer le Président de la République".

Pourquoi solliciter l'inspiration divine s'il n'y a pas les intentions et/ou les envies de voir une nouvelle tête à la tête du gouvernement? VK a ajouté qu'il a été briefé par le Chef de l'Etat au sujet des défis que doit relever la RDC dans différents secteurs prioritaires. Un Président de la République briefer un acteur politique majeur de la trempe de VK, qui du reste n'est pas ignorant de ces défis, ça semble mal cacher le new deal à venir. Ça s'apparente voire même à un ballon d'essai, au point de conduire d'aucuns à brandir cette thèse: il n'y a jamais eu de fumée sans feu.

Toutefois, la seule chose certaine est que les yeux de Tshisekedi et Kamerhe sont désormais rivés sur l'avenir avec ses enjeux costauds.