Kamerhe à Minova après deux îles d'Idjwi : «Aujourd'hui le mariage du peuple avec l'État n'est plus total»

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Vital Kamerhe devant une foule immense à Idjwi Sud, province du Sud-Kivu
Vital Kamerhe devant une foule immense à Idjwi Sud, province du Sud-Kivu

Par Edmond Izuba, Envoyé spécial

C'est un pèlerinage sans repos. Après avoir affronté les zones rouges Fizi-Baraka le mardi 20 septembre, Vital Kamerhe a repris sa caravane de la paix dénommée Amani, en direction d'autres territoires du Sud-Kivu par voie lacustre, ce mercredi 21 septembre. Le leader de l'Est débarque d'abord sur les deux îles d'Idjwi, accompagné de son épouse ainsi que ses enfants avec un nombre réduit de sa délégation.  

Pour les populations de ces îles qui vivent sans bruits de bottes mais qui en subissent indirectement les conséquences, le président de l'UNC est resté de marbre : «Quand une partie de notre pays est inquiétée, nous devons tous nous sentir inquiéter». Pour lui, il n'est pas question que le M23 qui continue à tuer la population s'assoit sur la même table avec le gouvernement arme à la main. 

«Je demande à ces rebelles de déposer leurs armes si réellement ils sont nos frères», a déclaré Vital Kamerhe avant de plaider pour la cohabitation pacifique avec les autres tribus. 

«Il n'existe pas une tribu supérieure à l'autre», a-t-il renchéri.   

Dans l'autre partie de son speech, Vital Kamerhe s'est révélé fervent défenseur des problèmes sociaux auxquels font face ces habitants du lac-Kivu : l'inexistence des routes, le manque d'eau et d'électricité électrique, etc.

C'est un meeting vespéral que signe Kamerhe à Minova après les deux Idjwi. Dix-neuf heures presque, le canot rapide Kivu Queen transportant la délégation conduite par le président de l'UNC accoste dans un port privé. Devant une foule qui l'attendait depuis la journée au stade mille arbres, Vital s'est adressé à cœur ouvert. Il s'est attelé beaucoup plus sur la pauvreté qui ronge un peuple assis sur les mines, les richesses les plus convoitées dans le monde. Ces richesses, sont aujourd'hui des simples jouets parce que le peuple n'en bénéficie nullement à cause des guerres multiples. Pour lui, il n'y a pas seulement la guerre qui a retardé le développement mais aussi la volonté de transformer ce pays continent qui ne suit pas.

«On ne développe pas un peuple, le peuple se développe lui-même. l'État a pour rôle de créer les conditions», a déclaré Kamerhe avant de déplorer : 

«Le mariage de l'État avec le peuple n'est plus total. L'État est considéré comme un agent de tracasseries. Le peuple ne se sent plus sécuriser devant l'État. 

Vous ne pouvez pas vous développer si dans votre maison, remplie des minerais stratégique, vous manquez un chien et une sentinelle pour les surveiller».  

Vital Kamerhe a prouvé sa gratitude à toutes ces populations pour leur soutien manifesté pendant ses dures épreuves d'emprisonnement. De là, le leader de l'Est a repris le canot rapide pour la cité de Ihusi dans le territoire de Kalehe.