Par Patrick Kitoko
La situation urbanistique en RDC -République démocratique du Congo- est caractérisée par multiples problématiques, qui découlent de la croissance rapide et souvent non planifiée des villes. Alors, comment apporter de solutions aux défis de l’urbanisation rapide et non maîtrisée en RDC, tout en garantissant un développement urbain durable, inclusif et respectueux de l’environnement ? Les réponses doivent être données aux problématiques sur l'urbanisation rapide et anarchique; Manque d’infrastructures et de services de base; Cadre juridique et institutionnel faible; Problèmes environnementaux; Inégalités sociales et exclusion.
Ci-dessous, la tribune de réflexion de l'urbaniste Fiston Ilangi Ndeke, sur la situation des villes congolaises. Expert et scientifique, Fiston Ilangi Ndeke donne quelques pistes de solution, non sans se poser de questions sur la main mise politique dans le choix de personnes qui devraient piloter ce secteur.
La République Démocratique du Congo dispose d’une architecture administrative impressionnante en matière de gouvernance : une Présidence de la République avec un conseiller en charge de l’urbanisme; une Primature dotée, elle aussi, d’un conseiller dans le même domaine; un Ministère de l’Urbanisme avec plusieurs conseillers; 26 provinces dirigées par autant de gouverneurs assistés de cabinets; 26 ministères provinciaux de l’urbanisme avec leurs propres conseillers; 145 territoires; une trentaine de villes; des dizaines de communes et de bourgmestres.
Mais, malgré cette structure tentaculaire, l’urbaniste est le grand absent de la chaîne décisionnelle. Aucune de ces entités n’intègre systématiquement un urbaniste — ni comme chef de service, ni même comme simple conseiller. Et pourtant, l’urbaniste est au cœur du système urbain : il en est le concepteur, le gestionnaire, le planificateur, et souvent le “médecin” de la ville. Il est celui qui comprend la “fabrique urbaine”, ses dynamiques, ses tensions et ses solutions.
Le constat est amer : nous continuons de nous lamenter sur la situation alarmante, pathologique et désorganisée de nos agglomérations urbaines, alors que nous négligeons l’expertise même qui pourrait nous en sortir. La RDC ne compte pas plus de 200 urbanistes diplômés, et à peine une trentaine sont utilisés par l’administration publique.
Et pourtant, selon les standards internationaux, une ville de 20 000 habitants devrait disposer d’au moins un urbaniste qualifié. À Kinshasa, mégalopole de plus de 12 millions d’habitants, cela représenterait au minimum 600 urbanistes. Aujourd’hui, la capitale congolaise en est totalement dépourvue. Trouvez l’erreur.
Il est temps de changer de paradigme.
Le développement urbain de notre pays ne peut plus reposer sur l’improvisation, la politisation à outrance ou le clientélisme. Il faut réhabiliter la méritocratie, en particulier dans les secteurs techniques aussi cruciaux que celui de l’urbanisme.
La question est simple mais cruciale : quelles villes voulons-nous léguer aux générations futures ?