Par Gratis Makabi
Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) a exhorté, mercredi, le Président de la République Félix Tshiseked, à désigner un successeur au sein de l’UDPS pour la présidentielle de 2028, estimant qu’il ne peut briguer un troisième mandat sans « briser l’ordre républicain ».
« Le Président de la République ne cache plus son intention de briguer un troisième mandat, mais il n’a pas le droit de le faire », a déclaré à la rédaction d’Opinion-info, Godefroid Muanabwato, cadre de la Lucha.
« Il a prêté serment sur la base d’un ordre constitutionnel qui exclut la possibilité d’exercer plus de deux mandats », a-t-il ajouté.
Selon lui, « on sent des gesticulations, notamment à travers la loi référendaire », et « des bruits circulent » affirmant que le chef de l’État « n’a pas de mandat mais une mission ».
« Juridiquement, ça n’a rien à voir », a tranché M. Muanabwato. « Tshisekedi a trouvé le pays dans un contexte donné. Qu’il agisse dans ce cadre, puis, après son deuxième mandat, qu’il laisse la place à celui que le peuple congolais élira lors d’élections indépendantes ».
Le militant appelle le Président à « désigner un dauphin au sein de l’UDPS pour affronter les autres forces politiques ».
« Son mandat actuel, c’est de s’assurer que les élections soient organisées conformément à la loi », a-t-il insisté.
Un pacte sacré mis en place en 2006
Pour Godefroid Muanabwato, un éventuel troisième mandat « va casser l’ordre républicain ; ce pacte sacré mis en place en 2006 après des guerres ». Il reconnaît, toutefois, que « la Constitution comporte un certain nombre de failles, notamment dans l’organisation de l’État, la stabilité institutionnelle des provinces et les entités territoriales décentralisées ».
« Il y a une transposition du parlementarisme au niveau des provinces, où les Gouverneurs sont l’émanation des Assemblées provinciales qui peuvent les faire tomber. Cela crée une instabilité », a-t-il expliqué.
Déclarations présidentielles et polémique
Mercredi 6 mai 2026, Félix Tshisekedi avait déclaré devant la presse qu’il n’avait pas sollicité un troisième mandat, tout en ajoutant qu’il pourrait « reconsidérer sa position si une telle demande émanait du peuple congolais ».
Portée par plusieurs membres de l’Union sacrée, l’hypothèse d’une réforme constitutionnelle suscite une vive polémique. Augustin Kabuya, Christophe Mboso et Didier Budimbu ont récemment alimenté le débat lors de matinées politiques.
Un projet de nouvelle Constitution a été présenté le 19 août 2023, à Kinshasa, par le professeur Isidore Ndaywel. Il propose notamment de remplacer le Premier Ministre par un vice-président et de porter le mandat présidentiel de cinq à neuf ans, non renouvelable.