Par Gloire Balolage
L’ancienne sénatrice Francine Muyumba a vivement réagi aux déclarations du Président Félix Tshisekedi concernant l’organisation des élections dans le contexte sécuritaire actuel à l’Est de la République démocratique du Congo. Dans une publication sur son compte X, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de la crise sécuritaire par le pouvoir en place.
Cette réaction intervient après les propos du chef de l’État affirmant qu’il serait difficile d’organiser des élections alors que les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent confrontées à la guerre et à l’insécurité. Une déclaration qui continue de susciter des prises de position au sein de la classe politique congolaise, particulièrement dans les rangs de l’opposition et des personnalités critiques du régime.
Dans son message, Francine Muyumba estime que « le maintien de la situation sécuritaire préoccupante est devenu un instrument politique permettant au régime de l’UDPS de chercher à confisquer le pouvoir au-delà des mandats constitutionnels ». Par cette affirmation, l’ancienne parlementaire accuse directement le pouvoir de tirer profit de la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays pour justifier un éventuel prolongement du pouvoir.
Elle évoque également le « rejet persistant d’un dialogue national inclusif », qu’elle considère pourtant comme indispensable pour restaurer « la paix, la stabilité et la cohésion nationale ». Selon elle, l’absence d’un cadre de concertation politique entre les différentes forces du pays risquerait d’aggraver davantage les tensions déjà présentes sur le plan sécuritaire et politique.
Dans sa publication, l’ancienne sénatrice s’interroge aussi sur les conséquences d’une telle posture politique pour l’avenir du pays.
« Qui mesure réellement la gravité d’une telle attitude visant à fragiliser davantage la nation, à banaliser les souffrances du peuple et à compromettre l’avenir démocratique de la RDC ? », a-t-elle écrit, alertant sur les risques que pourrait représenter une prolongation de la crise actuelle.
Cette sortie de Francine Muyumba intervient dans un climat marqué par de nombreuses inquiétudes autour de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les affrontements armés continuent de provoquer des déplacements de populations et une instabilité persistante. Les débats autour du processus électoral et de l’avenir institutionnel du pays prennent ainsi une place de plus en plus importante dans le discours politique national.