Par Gratis Makabi
Le Président de la RDC -République démocratique du Congo-, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a jeté son dévolu sur Floribert Anzulini Isiloketshi, pour le poste de ministre de l'Intégration régionale au sein du Gouvernement Suminwa II. Le Chef de l'État compte sur l'expertise de l'ancien directeur des risques au sein de plusieurs banques africaines, pour faire développer le grand Congo sur une dimension de solidarité morale et économique à l'international.
Né à Kinshasa, capitale de la RDC, le 5 janvier 1983, Floribert est le fils de Célestin Anzulini Bembe Isilonyonyi, un notable, acteur politique à la retraite et ancien Président de l’Assemblée nationale originaire du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu.
Parcours scolaire et universitaire
Floribert se voit très jeune forcé à quitter le pays, en 1991, du fait de l’instabilité politique de l’époque. Séparé de ses parents et de sa terre natale à seulement 8 ans, il arrive dans la ville belge estudiantine de Mons, où il évoluera jusqu’à la fin de ses études secondaires en 2001. Cette épreuve familiale marquera son enfance et le poussera à porter une attention particulière à la politique congolaise dès son jeune âge. Cette fibre politique influencera d’ailleurs son choix d’études supérieures. En 2006, il obtiendra un diplôme universitaire en sciences politiques de l’Université de Montréal au Canada.
Retour au Congo après plusieurs années d'apprentissage en Belgique et au Canada
Seulement quelques semaines après l’obtention de son diplôme, Floribert prendra la décision de revenir vivre au Congo. Animé d’un fort désir de participer de manière concrète à la reconstruction de son pays, il y débutera sa carrière dans le secteur bancaire.
Pendant une dizaine d’années, il va successivement travailler pour deux groupes bancaires africains, le sud-africain STANDARD BANK et le panafricain ECOBANK, où il occupera la fonction de Directeur des Risques, devenant ainsi, à cette époque, le plus jeune à ce poste du secteur bancaire congolais, et l’un des plus jeunes sur le continent. Ces dix années passées au sein du secteur bancaire congolais lui permettront de maîtriser
l’environnement économique congolais en particulier, mais également de certains pays africains, en général, tout en développant une solide expertise dans la gestion des Risques. C’est avec une grande stupéfaction qu’il découvrira un système gangrené par la corruption et les détournements de fonds publics de tout genre.
Engagement aux mouvements citoyens
Décidé à voir émerger une autre manière de faire au sein de son pays, c’est en 2010 qu’il entamera activement son engagement citoyen. Il tentera tout d’abord, avec d’autres camarades, de fédérer les forces de la jeunesse congolaise, regroupées au sein d’organisations non gouvernementales légalement constituées, qu’il considère comme
étant incontournable au changement en RDC, dont elle compose la majorité de la population. Néanmoins, cette initiative n’aboutira pas. Car, les initiateurs se rendirent compte que ces organisations, telles que structurées, étaient également majoritairement manipulées par les différentes composantes politiques du pays. Cette même année, il sera parmi les trois délégués de la RDC invités au premier sommet du Président américain de l’époque, Barak Obama, avec les jeunes leaders africains, «Obama Young African Leaders Summit», à Washington DC. Par cet événement, il aura l’opportunité de rencontrer plusieurs autres jeunes protagonistes africains partageant une vision du continent similaire à la sienne, lui permettant ainsi d’élargir son réseau en dehors de la RDC. C’est ainsi qu’inspiré des mouvements citoyens sénégalais, Y’en a marre, et celui de son homologue burkinabé, Balai citoyen, Floribert et d’autres jeunes congolais originaires de divers horizons cofonderont, en 2015, le mouvement citoyen Filimbi, qui signifie coup de sifflet en swahili. Ce mouvement citoyen non partisan, que Floribert coordonnera d’avril 2015 à décembre 2022, a pour principal objectif d’accroître la participation citoyenne des jeunes congolais et d’encourager le dialogue entre les jeunes et les acteurs, tant sociaux que politiques, en leur fournissant des outils susceptibles de faciliter leur engagement citoyen et l’exercice de leur droits et devoirs civiques, en toute conscience, pour apporter un changement positif dans leur milieu de vie. Dès sa sortie officielle, le mouvement connaitra une forte répression du pouvoir politique d'alors.
Partance pour l'exil
Qualifiés de terroristes et traqués par les services de sécurité, Floribert et certains autres membres fondateurs seront poussés à l’exil. Ce second exil durera pratiquement cinq ans et contraindra le mouvement à s’organiser depuis l’extérieur du pays. Depuis l’exil, Floribert et ses camarades poursuivront fortement leur engagement et coordonneront le déploiement du mouvement. Ils mettront également en place des stratégies pour rassembler les principales forces politiques et sociales contre la volonté du Président de l’époque, de se maintenir au pouvoir en violation de la Constitution, mais également pour l’organisation d’élections libres et transparentes. C’est ainsi qu’il coordonnera le rassemblement des principaux animateurs de ces forces, dont l’actuel Président de la République, lors d’une rencontre de trois jours sur l’île de Gorée, au Sénégal, organisée en décembre 2015 avec le soutien de confrères des mouvements citoyens Y’en a marre et Balai citoyen. A l’issue de celle-ci, une plateforme d’actions citoyennes communes sera créée : le Front Citoyen 2016.
Floribert sera désigné comme Coordonnateur de cette dernière, malgré son exil. Bien qu’ayant été fragilisée par les principaux acteurs politiques, cette initiative aura été un tournant dans la lutte pacifique pour le respect de la Constitution; car, elle aura permis de rassembler et de remobiliser la population autour de cette revendication. Floribert ne baissera tout de même pas les bras et coordonnera ensuite le rassemblement des principales forces de la société civile, en 2017, lors de la rencontre dite de Chantilly en France. C’est au cours de cette dernière que le concept d’une transition sans le Président de l’époque émergera comme alternative de gestion du pays, à l’issue du mandat constitutionnel de l’ancien Président en décembre 2016.
Retour au pays
De retour au pays depuis novembre 2020, Floribert dirige désormais le tout premier cabinet-conseil d’Intelligence Economique en RDC
NYFALM & Associés. Homme à plusieurs casquettes, il entreprend également dans les secteurs de l’immobilier et du médical en Belgique, domaine dans lequel il avait effectué ses premiers pas durant son exil européen. De plus, l’expérience acquise par son engagement citoyen, tant sur le plan local qu’international, se révèle d’une grande utilité dans l’exercice de sa fonction de conseiller pour la RDC, qu’il occupe au sein de l’organisation américaine de lutte contre la corruption The Sentry. Ses multiples responsabilités professionnelles n’empêchent tout de même pas Floribert de maintenir son engagement citoyen au sein de Filimbi. Respectueux des textes et règles établis, il a cédé les rênes du mouvement à une nouvelle équipe de coordination depuis décembre 2022, bien qu’il y reste un membre engagé. Panafricaniste passionné de la RDC, il demeure résolu à voir les citoyens congolais s’engager activement à l’émergence d’un Congo nouveau, au sein d’une Afrique forte, unie et consciente.