Par Serge Mavungu
En visite à Xi’an, en Chine, le ministre congolais de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a pris part à l’inauguration du Global South Media Partners Mechanism ainsi qu’au 13ᵉ Global Video Media Forum. L’occasion pour lui de faire entendre la voix de la République démocratique du Congo et, plus largement, celle du Sud global dans les débats autour de l’avenir de l’information mondiale.
Devant un auditoire composé de professionnels des médias venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, le porte-parole du gouvernement congolais a insisté sur la nécessité pour les pays du Sud de construire ensemble une narration plus juste et représentative de leurs réalités. Il a dénoncé les biais persistants dans la manière dont certains médias occidentaux relatent les dynamiques du Sud, plaidant pour une approche fondée sur la coopération et la confiance mutuelle.
Dans un contexte marqué par la bataille mondiale de l’information et la montée des enjeux géostratégiques autour de la communication, Patrick Muyaya a mis en avant l’importance d’un partenariat médiatique Sud-Sud plus solide. Selon lui, ce réseau de collaboration doit s’appuyer sur le partage d’expériences, la valorisation des cultures locales et la défense d’une image authentique des nations émergentes.
En marge de ce forum international, le ministre congolais a accordé une interview exclusive à Zhang Shanhui, journaliste et chroniqueuse à la chaîne CGTN, la télévision internationale chinoise. Il y a réaffirmé le rôle déterminant des médias du Sud global dans la construction d’un discours plus équilibré et plus fidèle à leurs réalités sociales et culturelles.
« Nous avons longtemps souffert d’une perception biaisée par les grands médias occidentaux. La manière dont ils nous racontaient la Chine ne reflète pas toujours la réalité. D’où la nécessité de bâtir des ponts entre les pays du Sud pour échanger nos bonnes pratiques et relever ensemble le défi de la perception », a-t-il déclaré.
Patrick Muyaya a également évoqué les avancées de la coopération médiatique entre Kinshasa et Beijing. Il a rappelé la signature, en 2023, de plusieurs accords de partenariat entre l’Agence congolaise de presse (ACP) et Xinhua, ainsi qu’entre la RTNC et China Media Group, soulignant que ces initiatives traduisent une volonté commune de renforcer les échanges d’informations et la production de contenus conjoints.
Faisant écho à la politique d’ouverture internationale inscrite dans le 15ᵉ plan quinquennal chinois, le ministre s’est dit optimiste quant aux perspectives de coopération entre la RDC et la Chine. Il a notamment mentionné les opportunités économiques offertes au continent africain dans le cadre des engagements pris par Beijing.
« Le président Xi Jinping a annoncé un soutien de 50 milliards pour le continent africain. Nous travaillons, en tant que gouvernement, à rendre nos projets éligibles. Mais il est essentiel que nos populations soient informées de ces perspectives. C’est là que les médias jouent un rôle crucial », a-t-il affirmé.
Le ministre congolais a par ailleurs souligné la nécessité de renforcer la coopération culturelle et cinématographique, afin de promouvoir un narratif équilibré et porteur de développement partagé. Il a précisé qu’il ne s’agit pas de s’opposer à d’autres blocs médiatiques, mais de créer les conditions pour raconter l’histoire du Sud global avec ses propres mots.
Enfin, revenant sur ses différentes visites en Chine, notamment celle de 2023 aux côtés du président Félix-Antoine Tshisekedi, Patrick Muyaya a salué la richesse culturelle et le dynamisme technologique de l’Empire du Milieu. Évoquant la Muraille de Chine, les métropoles de Shenzhen, Shanghai et Hong Kong, il a exprimé son admiration pour le génie innovant chinois et la place importante accordée à la nature dans l’aménagement urbain.
Le ministre a conclu en réaffirmant la volonté de la RDC de jouer un rôle moteur dans le développement du continent africain, un objectif indissociable, selon lui, du retour durable de la paix dans l’Est du pays.