Par Prosper Buhuru
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a récemment examiné l’état des lieux de la gratuité de l’enseignement primaire ainsi que les perspectives de son extension au cycle terminal de l’éducation de base, à l’issue de la septantième réunion ordinaire du Conseil des ministres.
Présentant une note d’information au nom du secteur de l’Éducation nationale, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a rappelé que la généralisation de la gratuité scolaire, intervenue en 2019, a entraîné une augmentation significative des inscriptions à l’école primaire, un allègement notable des charges supportées par les ménages et un renforcement du rôle protecteur de l’école publique.
Cependant, cette réforme majeure a également mis en lumière plusieurs défis structurels, notamment la soutenabilité financière du dispositif, la gestion des ressources humaines et les disparités territoriales persistantes entre les différentes sous-divisions du pays. Une étude spatiale menée dans les 662 sous-divisions éducatives a permis d’identifier ces contraintes et d’évaluer les conditions nécessaires à une extension progressive et maîtrisée de la gratuité.
Sur cette base, la ministre d’État a proposé une feuille de route graduée, adossée à une phase préalable de sécurisation, afin de garantir une mise en œuvre équitable, juridiquement conforme et financièrement soutenable de l’extension de la gratuité au cycle terminal de l’éducation de base. Cette approche vise à préserver la qualité du service public de l’éducation tout en réduisant les inégalités territoriales.
Selon la ministre Raïssa Malu, l’adoption de cette feuille de route offrirait au Gouvernement un cadre réaliste et cohérent pour concrétiser ce droit constitutionnel, dans le respect des engagements nationaux et internationaux de la République démocratique du Congo. Elle a insisté sur le caractère collectif de cette responsabilité, estimant que cette réforme constitue une opportunité de renforcer la cohérence de l’action gouvernementale en matière éducative.
Le Conseil des ministres a pris acte de cette note d’information, ouvrant ainsi la voie à des décisions ultérieures sur l’extension progressive de la gratuité scolaire au-delà du primaire.