Par Serge Mavungu
Pas de temps mort pour Judith Suminwa Tuluka à Washington D.C, le 15 avril 2026. Entre deux sessions des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, la Première ministre imprime son rythme : moins de promesses, plus de livrables. L’exigence est posée dès l’ouverture de sa séance de travail avec Dr Diame Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Est et australe. Objet : recadrer le partenariat stratégique et faire le point sur les réformes adossées à l’appui budgétaire.
Délégation resserrée mais musclée autour de la cheffe du gouvernement : ministres des Finances, du Portefeuille, des Infrastructures et Travaux publics, du Commerce extérieur, vice-ministre du Budget, experts et directeurs sectoriels. Le message est assumé : les priorités nationales commandent, les bailleurs suivent. « Notre objectif est clair : capitaliser sur les avancées déjà enregistrées et accélérer la mise en œuvre des projets structurants », pose Judith Suminwa Tuluka. Sont cités : infrastructures, projet Inga, diversification de l’économie, formation des jeunes. Avec une insistance sur la mobilisation des investisseurs pour financer la transformation.
Le corridor de Lobito s’est imposé dans les discussions. Pour le ministre des Infrastructures et Travaux publics, impossible de le traiter en silo. « Le corridor de Lobito ne doit pas être considéré de manière isolée, mais intégré dans une vision globale incluant les corridors internes, le réseau routier, les voies fluviales et le transport aérien ». Objectif : connecter le pays pour le désenclaver.
Sur l’appui budgétaire, le tableau est détaillé. DPO 1 : deux réformes à finaliser. Déclaration de patrimoine des agents publics et recrutement compétitif des mandataires des entreprises publiques. Les bases réglementaires sont établies, un cabinet est déjà sélectionné pour accompagner le processus, précise le gouvernement. DPO 2 : comité de gestion du plan de trésorerie en place, loi sur Inga adoptée. Restent à finaliser les chantiers marchés publics, lutte contre la corruption, zones économiques spéciales et gouvernance des entreprises publiques.
Côté Banque mondiale, Dr Diame Diop valide la trajectoire mais met en garde : « Il est essentiel d’éviter la fragmentation des appuis et de renforcer la coordination gouvernementale afin d’accélérer la mise en œuvre des réformes ». Les deux parties visent 2027 pour des résultats tangibles sur la transparence, la gouvernance et la gestion des ressources publiques.
La Première ministre s’est aussi entretenue avec Harold Tavares, directeur exécutif pour le groupe Afrique II au Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale. Coopération et soutien aux réformes du gouvernement Suminwa étaient au centre.
À Washington, Kinshasa change de posture. Le partenariat se mesure à l’impact, pas au nombre de réunions. Le pilotage est revendiqué, et il part de la Primature.