ambassadrice de la République démocratique du Congo à l'ONU lors de son intervention de ce mercredi 15 avril 2026
Par Don Benjamin Makolo
L’ambassadrice de la République démocratique du Congo, Jocelyne Kabengele Luku, a livré un plaidoyer structuré et ferme sur l’avenir des opérations de maintien de la paix, avec un accent particulier sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et le processus de retrait progressif de la MONUSCO à l'occasion de la 10137ᵉ séance du Conseil de sécurité des Nations Unies de ce mercredi 15 avril 2026.
En ouverture de son intervention, la diplomate congolaise a tenu à saluer la conduite des travaux du Conseil par la présidence du mois d’avril assurée par Malta. « Je voudrais avant tout m'acquitter d'un agréable devoir, celui de féliciter la présidence maltaise pour la conduite exemplaire des travaux de ce Conseil durant ce mois d'avril. »
Sa délégation a également pris acte des rapports du Secrétaire général relatifs aux opérations de maintien de la paix, rappelant que la République démocratique du Congo demeure l’un des principaux pays hôtes des missions onusiennes à travers la MONUSCO, dont le mandat a récemment été renouvelé jusqu’en décembre 2026.
Dans son discours, l’ambassadrice a insisté sur trois piliers fondamentaux devant guider l’efficacité des opérations de paix.
Le premier pilier concerne la clarté et l’adaptabilité des mandats. « Les mandats doivent être réalistes, dotés de ressources adéquates et capables de s'adapter à l'évolution rapide des menaces sur le terrain. »
Cette position rejoint les principes déjà établis dans le mandat officiel de la MONUSCO, notamment en matière de flexibilité opérationnelle face aux groupes armés actifs dans l’Est du pays.
Le deuxième axe, présenté comme le cœur même de toute mission, porte sur la protection des civils. « Elle doit rester le cœur battant de toute opération. Dans l'est de la RDC, nos populations attendent une posture plus offensive et proactive pour prévenir les massacres et les déplacements forcés. »
Kinshasa attend ainsi de la mission onusienne une capacité d’action renforcée, particulièrement dans les zones sous menace permanente des groupes armés.
Enfin, le troisième pilier évoqué par la représentante congolaise est le partenariat avec les organisations régionales, notamment African Union et Southern African Development Community. « Nous encourageons une collaboration accrue entre l'ONU et les organisations régionales telles que l'Union Africaine et la SADC. »
Cette orientation s’inscrit dans la ligne diplomatique récemment défendue par la mission permanente de la RDC auprès de l’ONU, qui a déjà appelé à un renforcement de la coopération entre les Nations Unies et les mécanismes régionaux de sécurité.
Abordant le délicat dossier du désengagement progressif de la MONUSCO, l’ambassadrice a réaffirmé la volonté du gouvernement congolais d’un retrait maîtrisé. « Mon gouvernement réaffirme sa volonté de voir ce retrait s'opérer de manière responsable, ordonnée et durable, afin d'éviter tout vide sécuritaire. »
Cette préoccupation demeure au centre des discussions internationales, alors que le Conseil de sécurité insiste lui aussi sur la nécessité d’éviter toute déstabilisation supplémentaire dans l’Est du pays.
En conclusion, Jocelyne Kabengele Luku a rappelé que le maintien de la paix ne saurait se limiter à une présence militaire. « Le maintien de la paix n'est pas une fin en soi. Il doit impérativement s'accompagner d'efforts politiques pour s'attaquer aux causes profondes des conflits. »
Elle a notamment insisté sur le respect de la souveraineté nationale et sur la nécessité de mettre fin à tout appui extérieur aux groupes armés qui continuent d’endeuiller la République démocratique du Congo.