Par Don Benjamin Makolo
La situation carcérale dans le territoire de Lukula, dans la province du Kongo Central, suscite une vive inquiétude après le constat alarmant dressé par le commissaire de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Jean-Richard Tshibanda.
En mission dans cette partie du pays, le commissaire a relevé l’absence totale d’une prison digne de ce nom ainsi que de tout autre lieu de détention répondant aux normes minimales requises. Faute d’infrastructures viables, les personnes privées de liberté y sont gardées dans des conditions jugées inhumaines, portant gravement atteinte à leur dignité et à leurs droits fondamentaux.
Selon ce constat, les détenus seraient maintenus dans des locaux de fortune, souvent exigus, insalubres et dépourvus des commodités essentielles, notamment l’aération, l’hygiène, l’accès à l’eau potable et à une alimentation adéquate. Cette réalité s’inscrit dans un contexte plus large déjà dénoncé par la CNDH dans ses rapports annuels, qui évoquent la dégradation avancée de plusieurs lieux de détention à travers le pays, ainsi que des conditions d’hébergement contraires aux standards des droits humains.
Le commissaire Jean-Richard Tshibanda, connu au sein de la CNDH comme coordonnateur de la sous-commission des droits civils et politiques, a ainsi mis en lumière une situation préoccupante qui appelle une intervention urgente des autorités compétentes.
Ce constat amer relance le débat sur l’état du système pénitentiaire en République démocratique du Congo, régulièrement critiqué pour la surpopulation, l’insalubrité et l’absence d’infrastructures adaptées dans plusieurs provinces du pays.
Face à cette situation, la CNDH pourrait formuler des recommandations pressantes au gouvernement afin que des mesures immédiates soient prises pour garantir le respect de la dignité humaine, conformément aux engagements nationaux et internationaux de la RDC en matière de droits de l’homme.