Par Gloire Balolage
La nouvelle fonderie de Kamoa-Kakula, située dans la province du Lualaba en République démocratique du Congo, enregistre une montée en puissance notable de ses activités industrielles. Ce complexe minier spécialisé dans la production de cuivre, exploité par le groupe Ivanhoe Mines, a également intégré la fabrication d’acide sulfurique haute résistance dans son processus de production.
Selon Ivanhoe Mines, cette unité de production chimique a atteint un rythme moyen de 1 350 tonnes d’acide sulfurique par jour depuis le début de l'année. Cette performance marque une étape importante dans la diversification des activités du site minier.
Sur une base annuelle, ce niveau de production correspond à environ 480 000 tonnes d’acide sulfurique. Toutefois, cette quantité reste en dessous de la capacité maximale prévue pour l’installation, estimée à 700 000 tonnes par an en régime de croisière.
En parallèle, la commercialisation de cette production a déjà débuté. Les premières ventes d’acide sulfurique ont été réalisées au début de l’année 2026 et destinées aux opérations minières situées dans la ceinture cuprifère congolaise, renforçant ainsi les échanges industriels dans la région.
Actuellement, six acheteurs sont déjà engagés dans l’acquisition de l’acide produit directement à la mine de Kamoa-Kakula. Cette dynamique commerciale confirme l’intérêt croissant des industries minières locales pour ce produit stratégique.
Sur le plan du marché, le prix de l’acide sulfurique haute résistance est évalué à environ 500 dollars américains la tonne. Les tendances indiquent par ailleurs une possible hausse des prix au cours du trimestre, dans un contexte de demande soutenue.
Enfin, des risques liés au transport maritime mondial pourraient influencer ce marché. Une éventuelle fermeture prolongée du détroit d’Ormuz pourrait provoquer des tensions d’approvisionnement, alors que près de 20 % de la production mondiale de cuivre dépend d’un procédé utilisant l’acide sulfurique. Avec environ la moitié du soufre mondial transporté par voie maritime, les marchés du soufre et de l’acide sulfurique restent particulièrement sensibles aux perturbations logistiques internationales.