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RDC : le charbon de bois demeure la principale source d’énergie de cuisson pour plus de 90 % des ménages

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Par Denise Kyalwahi

Malgré les efforts engagés pour promouvoir les énergies propres, la grande majorité des ménages congolais continue de recourir au charbon de bois, communément appelé makala, pour la préparation des repas. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), plus de 90 % des familles en République démocratique du Congo dépendent encore de cette source d’énergie traditionnelle.

Cette forte dépendance place la RDC parmi les pays où l’accès aux solutions de cuisson propres reste particulièrement limité. Une situation qui entraîne de lourdes conséquences sur l’environnement, la santé des populations et les conditions socioéconomiques des ménages.

« Plus de neuf ménages sur dix utilisent encore le charbon de bois pour cuisiner. Cette pratique contribue à la déforestation, accentue la pollution de l’air à l’intérieur des habitations et alourdit les charges financières des familles », souligne le PNUD dans un communiqué consulté mercredi.

Une pression croissante sur les ressources forestières

Alors que la population urbaine continue d’augmenter et que les besoins énergétiques des ménages ne cessent de croître, la consommation de makala exerce une pression de plus en plus forte sur les forêts congolaises. Cette exploitation intensive des ressources forestières constitue l’un des principaux facteurs de dégradation environnementale dans le pays.

Le PNUD rappelle que la problématique de la cuisson propre dépasse largement le cadre énergétique. Elle touche directement à la santé publique, à la lutte contre le changement climatique, à l’égalité entre les sexes et au développement économique.

Des impacts sanitaires et sociaux préoccupants

À l’échelle mondiale, près de 2,1 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à des technologies de cuisson modernes et moins polluantes. Cette situation est à l’origine de millions de décès prématurés chaque année en raison de l’exposition prolongée à la pollution de l’air domestique.

Les femmes et les jeunes filles figurent parmi les premières victimes de cette dépendance aux combustibles traditionnels. Dans de nombreuses communautés, elles consacrent plusieurs heures par jour à la collecte du bois de chauffe, réduisant ainsi le temps disponible pour l’éducation, les activités économiques ou d’autres opportunités de développement.

Pour le PNUD, la transition vers des modes de cuisson propres constitue un levier essentiel pour améliorer la santé des populations, préserver les écosystèmes forestiers et renforcer l’autonomisation des femmes.

Des solutions existent, mais restent peu accessibles

Plusieurs alternatives sont pourtant déjà disponibles sur le marché congolais. Il s’agit notamment du gaz de pétrole liquéfié (GPL), des foyers améliorés à faible consommation de combustible, ainsi que des briquettes et des pellets fabriqués à partir de matériaux durables.

Cependant, le principal obstacle à leur adoption à grande échelle demeure le manque de financement. Selon le PNUD, les technologies existent et ont déjà démontré leur efficacité. Le défi consiste désormais à créer un environnement financier favorable permettant leur diffusion auprès des ménages et des entreprises.

Le financement, maillon faible de la transition énergétique

Les entreprises congolaises spécialisées dans les solutions de cuisson propre rencontrent encore d’importantes difficultés pour accéder aux crédits et aux investissements nécessaires à leur développement.

D’après les données de la Banque mondiale citées par le PNUD, près de 92 % du financement des petites et moyennes entreprises en RDC provient de leurs propres ressources. Une situation qui limite considérablement leur capacité à innover et à étendre leurs activités.

Les investisseurs demeurent prudents face à un marché encore émergent, caractérisé par des chaînes d’approvisionnement fragiles et un pouvoir d’achat limité des consommateurs.

Pour le PNUD, lever ces contraintes financières est indispensable afin d’accélérer la transition énergétique du pays, réduire la dépendance au charbon de bois et favoriser l’accès des populations à des solutions de cuisson plus sûres, plus propres et plus durables.

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Mercredi 10 juin 2026 - 15:52