Par Serge Mavungu
Le ministre d’État, ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, a lancé ce mardi à Kinshasa deux nouveaux projets destinés à accompagner le développement du corridor de Lobito. Les initiatives sont portées par l’Agence de coopération internationale allemande (GIZ), dans le cadre du programme “Unis pour l’éducation et l’emploi” financé par l’Union européenne.
Le premier projet, “Amélioration des compétences numériques en RDC” (ACN-RDC), cible la montée en gamme des profils techniques et l’accès à des parcours certifiants. Le second, “Renforcement du commerce et de la croissance économique le long du corridor de Lobito”, vise à connecter les PME locales aux opportunités du corridor et à consolider la chaîne de valeur régionale.
Le lancement s’est tenu au Pullman Hôtel, en marge d’un atelier de deux jours qui a réuni 25 experts. La méthode est assumée : s’appuyer sur des centres de formation privés déjà opérationnels et tisser des partenariats directs avec les entreprises, les institutions publiques et les acteurs de l’emploi. L’objectif affiché est double : doper l’employabilité des jeunes et muscler la compétitivité des entreprises du Haut-Katanga et du Lualaba, provinces directement concernées par le corridor.
Côté contenu, ACN-RDC met en place des parcours modulables et individualisés, reconnus, pour valider les acquis et accélérer l’insertion professionnelle. Au-delà des jeunes, le dispositif touche aussi les travailleurs et les diplômés en reconversion. En parallèle, le volet économique du programme soutient la transformation numérique des acteurs publics et privés, pour que le corridor ne se limite pas à des rails et des routes.
Présent aux côtés de la GIZ, de la Coopération allemande, de l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC et du secrétaire général de la Fédération des entreprises du Congo, Marc Ekila a rappelé son attachement au dossier. Ancien ministre des Transports, il avait signé pour l’effectivité du corridor. Aujourd’hui à la Formation professionnelle, il en pilote le versant humain.
Pour le ministre d’État, le corridor de Lobito, qui relie l’Angola, la RDC et la Zambie, dépasse l’enjeu logistique. Plus de 30 000 emplois directs et indirects sont attendus dans les mines, le ferroviaire, l’agriculture et la logistique. Le temps de transit des marchandises, actuellement supérieur à 30 jours, doit tomber sous la barre des 10 jours. De quoi peser sur les coûts, la compétitivité et le commerce intra-africain.
L’approche choisie tranche : sans compétences alignées sur les besoins du marché, l’infrastructure ne suffit pas. C’est le pari de Kinshasa avec ces deux projets : faire du corridor de Lobito un levier d’emplois, pas seulement un axe de transit.