Motion contre le VPM Jacquemain Shabani : des leaders de l’Est de la RDC crient à une tentative d’affaiblissement politique

Catégorie
Image
Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, et de la Sécurité [photo d'illustration]
Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, et de la Sécurité [photo d'illustration]

Par la Rédaction 

Le débat autour de la motion de déchéance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, continue de susciter de vives réactions en République démocratique du Congo

Alors que la question est débattue à l’Assemblée nationale, plusieurs leaders d’opinion, notamment dans l’Est du pays, montent au créneau pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une démarche injustifiée. Dans la province du Nord-Kivu, des voix s’élèvent pour défendre un responsable qu’elles estiment engagé dans la stabilisation sécuritaire d’une région particulièrement affectée par les violences.

C’est notamment le cas de Christian Kalamo, président de la société civile de la commune de Karisimbi, dans la ville de Goma. 

Ce dernier exprime son regret face à l’attitude des élus nationaux, qu’il accuse de privilégier des intérêts privés au détriment des priorités sécuritaires. Il met en garde contre une dynamique qu’il juge préoccupante, susceptible d’écarter progressivement les leaders issus de l’Est de la scène politique nationale.

Selon lui, une telle tendance pourrait avoir des conséquences graves sur la cohésion nationale. Il estime qu’elle risquerait de renforcer le sentiment d’abandon déjà ressenti par de nombreuses populations vivant dans des zones en proie à l’insécurité. Dans son analyse, le débat démocratique reste légitime, mais ne devrait pas servir de prétexte à des manœuvres politiques aux effets potentiellement déstabilisateurs.

Dans le même temps, Christian Kalamo reconnaît les efforts fournis par le vice-Premier ministre, soulignant son engagement constant pour améliorer la sécurité et les conditions de travail des forces de l’ordre. Il évoque notamment la signature d’un protocole d’accord entre la Police nationale congolaise, WSTD et les opérateurs de télécommunications, visant à moderniser les interventions sécuritaires à travers, entre autres, la mise en place d’un numéro vert d’urgence et le renforcement des moyens logistiques.

Parmi les actions mises en avant figurent également l’intensification des patrouilles et la conduite d’opérations ciblées contre la criminalité urbaine dans le cadre de l’opération Ndobo. Une réforme structurelle de la Police nationale congolaise a aussi été engagée, avec des objectifs clairs en matière de recrutement, de formation et de modernisation des infrastructures. Des milliers de policiers sont actuellement en formation, tandis que plusieurs écoles, dont celle de Kapalata à Kisangani, ont été réhabilitées.

À cela s’ajoutent l’acquisition d’équipements modernes, notamment des véhicules, ainsi que des efforts visant à améliorer les conditions de vie des policiers, avec la construction de logements pour les agents sinistrés dans plusieurs provinces. Pour ses soutiens, ces initiatives traduisent une volonté affirmée de restaurer l’autorité de l’État et de renforcer durablement les capacités sécuritaires du pays.

Face à cette controverse, plusieurs personnalités de l’opinion congolaise appellent à l’implication du chef de l’État, Félix Tshisekedi. Elles plaident pour une intervention en vue de préserver ce qu’elles considèrent comme l’un des ministres les plus performants du gouvernement gouvernement Suminwa II, dans un contexte où les enjeux sécuritaires restent au cœur des préoccupations nationales.

Depuis le week-end dernier, cette initiative portée par des députés nationaux domine l’actualité politique, les pétitionnaires accusant le membre du gouvernement d’inefficacité dans la gestion de son secteur.

Étiquettes
Mercredi 15 avril 2026 - 12:25