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Sud-Kivu : Human Rights Watch alerte sur une crise humanitaire aggravée par les entraves à l’aide

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Par Patrick Kitoko 

Dans un communiqué publié ce mercredi 15 avril, Human Rights Watch dénonce de graves entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, pointant du doigt à la fois les FARDC -Forces armées de la RDC- et plusieurs groupes armés actifs dans la région.

Selon l’organisation, ces acteurs empêchent non seulement la distribution de l’aide, mais bloquent également les civils cherchant à fuir les zones de combat. Une situation qui aggrave une crise humanitaire déjà critique dans cette région enclavée de l’Est de la République démocratique du Congo.

À l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la RDC ce 15 avril, Human Rights Watch appelle à des mesures immédiates. L’ONG exhorte notamment la communauté internationale à garantir un accès sans entrave à l’aide humanitaire, à sécuriser le passage des civils et à envisager des sanctions contre les responsables d’exactions.

“ Les civils dans les hauts plateaux du Sud-Kivu vivent dans la peur d’exactions commises par toutes les parties au conflit ”, a déclaré Clémentine de Montjoye, spécialiste de la région des Grands Lacs.

Dans son rapport, Human Rights Watch rappelle que les Nations Unies ont récemment qualifié de « graves » les restrictions d’accès humanitaire dans les territoires de Fizi, Mwenga et Uvira.

La situation sécuritaire s’est nettement détériorée depuis le retrait complet de la MONUSCO en juin 2024. Depuis ce départ, les affrontements se sont intensifiés, dans un contexte marqué par le manque d’infrastructures de télécommunications, rendant difficile la circulation de l’information et la documentation des violations.

L’ONG indique également avoir recensé au moins huit incidents impliquant des frappes de drones entre janvier et mars 2026. Les données du projet ACLED confirment une augmentation significative des frappes aériennes et de drones dans la région depuis novembre 2025.

Human Rights Watch regrette par ailleurs que ce conflit reste largement sous-médiatisé, malgré ses conséquences humanitaires majeures, et appelle à une mobilisation accrue de la communauté internationale.

La crise humanitaire dans le Sud-Kivu atteint des proportions alarmantes. D’après le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, la province compte environ 2,4 millions de déplacés internes, soit la proportion la plus élevée du pays. À l’échelle nationale, la RDC totalise plus de 5,61 millions de déplacés internes, dont près de 44 % se trouvent dans le seul Sud-Kivu. Des chiffres qui illustrent l’ampleur d’une crise persistante et en aggravation dans l’est du pays.

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Mercredi 15 avril 2026 - 14:49