Par Serge Mavungu
Une réforme sociale attendue depuis des années devient enfin effective dans la Fonction publique congolaise. À partir du 1er août 2026, les agents de carrière des services publics de l'État bénéficieront officiellement de la prise en charge de leurs frais funéraires, tout comme certains de leurs ayants droit déclarés. Cette mesure est mise en œuvre par la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l'État (CNSSAP).
Lors du lancement officiel de cette prestation, le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a présenté cette décision comme l'aboutissement d'un engagement visant à renforcer la protection sociale des fonctionnaires. Prévu depuis longtemps par les textes, ce mécanisme n'avait jusqu'ici jamais été appliqué.
Cette avancée est le résultat d'un processus technique mené ces dernières semaines, notamment avec la tenue d'un atelier de validation organisé à Kinshasa en juillet dernier. Elle ouvre désormais un nouveau chapitre dans la politique de couverture sociale des agents publics.
Selon Jean-Pierre Lihau, cette réforme s'inscrit dans les orientations du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et dans l'action du Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Depuis le 1er août, a-t-il indiqué, le dispositif est opérationnel sur l'ensemble du territoire national.
Le système repose sur un mécanisme mutualisé administré exclusivement par la CNSSAP. Tous les agents de carrière des services publics de l'État y ont accès dans les mêmes conditions, indépendamment de leur grade, de leur fonction ou de leur lieu d'affectation. De Kinshasa aux territoires les plus reculés, les règles applicables demeurent identiques pour tous.
La couverture concerne trois situations : le décès de l'agent public, celui de son conjoint ou celui d'un enfant ouvrant droit aux allocations familiales. Les bénéficiaires doivent toutefois être régulièrement déclarés auprès de la CNSSAP, seule institution habilitée à gérer cette prestation.
Au-delà de la prise en charge financière liée au décès, les autorités présentent cette mesure comme un instrument destiné à garantir davantage d'équité au sein de l'administration publique. L'objectif affiché est d'offrir les mêmes garanties sociales à tous les fonctionnaires, sans privilège ni traitement différencié.
Pour assurer le succès de cette réforme, le vice-Premier ministre a invité les gestionnaires de crédits, les chefs de services et l'ensemble des responsables administratifs à s'impliquer dans sa mise en œuvre et à collaborer avec la CNSSAP afin de faciliter son application à travers le pays.
Avec l'entrée en vigueur de ce dispositif, le Gouvernement concrétise un droit social longtemps annoncé mais jamais mis en pratique. La réforme marque ainsi une étape importante dans le processus de modernisation de la Fonction publique et dans le renforcement de la protection sociale accordée aux agents de l'État et à leurs familles.