Par Serge Mavungu
C’est depuis Washington D.C., le 15 avril 2026, que la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a placé la RDC au cœur de la bataille mondiale pour l’eau. En marge des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, elle a pris part à la conférence “Water Forward : Driving Jobs and Opportunities”, une plateforme qui veut faire de l’eau un moteur de croissance et d’emplois. Message clair de la cheffe du Gouvernement : “La République démocratique du Congo est prête.”
Ouverte par le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, la rencontre a affiché l’ambition : sécuriser l’accès à l’eau pour un milliard de personnes d’ici 2030. Pas un nouveau fonds, mais “une plateforme de mise en œuvre” pour aligner politiques, financements et actions autour de plans nationaux pilotés par les pays. Plusieurs États ont officialisé leur engagement : Albanie, Angola, Bolivie, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gambie, Jamaïque, Jordanie, Sénégal, Sierra Leone. Banques multilatérales et partenaires techniques étaient aussi autour de la table.
Pour Judith Suminwa Tuluka, l’enjeu dépasse le robinet. “Parler de l’eau aujourd’hui, ce n’est pas seulement parler de développement. C’est parler d’avenir, du monde que nous construisons.” Avec plus de 50 % des réserves d’eau douce du continent, la RDC assume une responsabilité : “Transformer ce potentiel en progrès tangible.”
La Première ministre a détaillé la feuille de route : le Pacte présidentiel pour l’eau vise 60 % d’accès à l’eau potable d’ici 2035, adossé à un programme d’investissement estimé à 20 milliards de dollars. À la clé : “des millions d’emplois, des villes plus productives et des économies locales transformées”. Premier jalon visible : le projet “Kin Elenda” à Kinshasa, qui doit améliorer l’accès à l’eau pour près de trois millions de personnes, avec un effet direct sur la santé, la dignité et la productivité. Le tout s’inscrit dans le pilier 4 du Programme d’actions du Gouvernement, centré sur l’accès aux besoins sociaux de base.
Judith Suminwa Tuluka lie eau et énergie dans une même équation. “L’eau et l’énergie dessinent ensemble les économies de demain”, a-t-elle martelé, en citant le Compact énergétique et le projet Grand Inga comme symboles d’une Afrique “connectée, productive et souveraine”. Et d’élargir la focale : “La vraie question n’est pas ce que l’Afrique représente aujourd’hui, mais ce qu’elle rendra possible pour le monde demain.”
La cheffe du gouvernement salue Water Forward comme un levier d’impact, d’innovation et de responsabilité partagée. Elle était accompagnée à Washington par le ministre des Infrastructures et Travaux publics et le ministre du Portefeuille, signe d’une mobilisation gouvernementale sur les réformes et les investissements structurants.
Pour Kinshasa, l’eau n’est plus un secteur. C’est une stratégie. Et la RDC veut passer du potentiel au résultat.