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Sud-Kivu : l’aide humanitaire bloquée, des millions de civils piégés dans une crise qui s’aggrave

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Denise Kyalwahi 

L’ONG Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme sur la détérioration rapide de la situation humanitaire dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Dans un communiqué publié ce mercredi 15 avril, l’organisation accuse les Forces armées de la RDC et plusieurs groupes armés d’entraver l’acheminement de l’aide et d’empêcher les civils de fuir les zones de combats.

Dans cette partie enclavée de l’est de la République démocratique du Congo, les populations font face à une crise humanitaire aiguë, aggravée par des restrictions d’accès imposées par les acteurs du conflit.

Profitant d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la RDC, Human Rights Watch appelle à des mesures urgentes. L’organisation demande un accès humanitaire sans entrave, la sécurisation des déplacements des civils et des sanctions contre les commandants responsables d’abus.

Pour Clémentine de Montjoye, chercheuse principale sur la région des Grands Lacs, la situation est alarmante : « Les civils dans les hauts plateaux du Sud-Kivu vivent dans la peur d’exactions commises par toutes les parties au conflit. »

Les Nations unies ont récemment qualifié de « graves » les restrictions d’accès humanitaire dans les territoires de Fizi, Mwenga et Uvira. Selon l’ONG, la situation sécuritaire s’est fortement détériorée depuis le retrait de la MONUSCO en juin 2024.

Depuis, les affrontements se multiplient, dans un contexte où le manque d’infrastructures de télécommunications complique la circulation de l’information et la documentation des abus.

Human Rights Watch fait également état d’une intensification des frappes de drones. Au moins huit incidents ont été recensés entre janvier et mars 2026, tandis que les données du projet ACLED confirment une hausse des frappes aériennes depuis fin 2025.

Malgré la gravité de la situation, le conflit reste largement sous-médiatisé, déplore l’ONG, qui appelle la communauté internationale à réagir avant une aggravation supplémentaire.

Sur le plan humanitaire, le Sud-Kivu est aujourd’hui la province la plus touchée par les déplacements internes en RDC. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires, environ 2,4 millions de personnes y sont déplacées.

Au total, la République démocratique du Congo compte plus de 5,61 millions de déplacés internes, dont près de 44 % se trouvent au Sud-Kivu, illustrant l’ampleur exceptionnelle de la crise dans cette région.

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Mercredi 15 avril 2026 - 18:01