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RDC : la taxe Go-pass au cœur d’une indignation grandissante dans les aéroports

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L'image des bagages transportés à l'aide de chariots poussés par les agents à l'aéroport de Bipemba
L'image des bagages transportés à l'aide de chariots poussés par les agents à l'aéroport de Bipemba

Par Patrick Kitoko

Une scène ordinaire en apparence qui s'est déroulé à Mbuji-Mayi suscite pourtant une vive polémique. À l’aéroport de Bipemba Airport, des passagers ont récemment été témoins d’une réalité difficile à justifier, leurs bagages étaient encore transportés à l’aide de chariots poussés à la force humaine. Cette situation, dénoncée avec force par l’acteur de la société civile Jean-Claude Katende, relance le débat sur l’utilisation de la taxe Go-pass, perçue depuis plus d’une décennie sur chaque billet d’avion en République Démocratique du Congo.

Instaurée pour moderniser les infrastructures aéroportuaires du pays, la Go-pass devait permettre d’améliorer les services, renforcer la sécurité et offrir des conditions dignes aux voyageurs. Pourtant, sur le terrain, les images observées à Mbuji-Mayi racontent une autre histoire : équipements rudimentaires, absence de mécanisation et conditions de travail précaires pour le personnel.

Pour de nombreux observateurs, le contraste est frappant entre les montants collectés au fil des années et la réalité des infrastructures. 

“ Après plus de dix ans de perception, comment expliquer que l’on en soit encore là ? ”, s’interrogent plusieurs usagers du transport aérien.

Face à cette situation, les autorités politiques et celles en charge du secteur aérien sont directement interpellées. La question posée est simple : où vont réellement les fonds issus de la Go-pass ?

Cette indignation dépasse le simple cadre logistique. Elle s’inscrit dans un contexte politique tendu, où certaines initiatives institutionnelles, notamment autour de réformes constitutionnelles, suscitent déjà la méfiance d’une partie de la population.

Au-delà de l’image choquante de bagagistes contraints à un travail physique archaïque, c’est toute la problématique de la gouvernance et de la redevabilité publique qui est posée. La Go-pass, censée être un levier de modernisation, est aujourd’hui perçue par beaucoup comme un symbole de mauvaise gestion.

Dans un pays aux ambitions de développement affirmées, ces dysfonctionnements interrogent profondément. Ils rappellent surtout que la confiance des citoyens passe par des résultats concrets et visibles.

Ce nouvel épisode pourrait bien alimenter davantage le ras-le-bol populaire. Car au-delà des discours et des promesses, les Congolais attendent des changements tangibles, notamment dans des secteurs aussi stratégiques que le transport aérien.

La question reste désormais posée : la taxe Go-pass continuera-t-elle à être perçue sans transformation visible des infrastructures, ou servira-t-elle enfin à justifier son existence ?

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Mardi 14 avril 2026 - 16:58