Par Prosper Buhuru
Le territoire de Djugu a accueilli, ce lundi 10 août 2026, le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Gaby Kasongo, pour sa première descente dans cette partie de la province, depuis sa prise de fonctions. Dans ce territoire marqué depuis plusieurs années par l’insécurité, cette visite provinciale se veut avant tout un moment d’écoute des communautés et d’identification des difficultés qui continuent de freiner le retour à une paix durable.
Djugu figure parmi les zones les plus affectées par les violences en Ituri. La persistance de l’insécurité y a provoqué d’importants déplacements de populations et contribué au transfert de plusieurs services administratifs vers Bunia, chef-lieu de la province.
Pour les acteurs de la société civile, l’arrivée du gouverneur sur le terrain doit permettre de dépasser les constats faits à distance et de recueillir directement les préoccupations des communautés. Dieudonné Lossa, coordonnateur provincial de la société civile forces vives, invite ainsi l’autorité provinciale à accorder une attention particulière aux témoignages des habitants et des responsables des services de sécurité.
Selon lui, il est notamment nécessaire de comprendre les causes de la persistance de l’insécurité à Djugu et les facteurs qui continuent d’empêcher une stabilisation durable du territoire.
La question du retour des déplacés figure également parmi les préoccupations majeures. Malgré les initiatives en faveur du rétablissement de la sécurité, de nombreuses familles hésitent encore à regagner leurs villages, faute de garanties suffisantes sur leur protection et leurs conditions de vie.
Au-delà des opérations sécuritaires, les habitants souhaitent également voir l’administration reprendre effectivement ses activités dans les entités affectées par les violences.
Ils demandent notamment la suppression des barrières et la fin des tracasseries qui entravent la circulation des personnes et des biens. Le retour des autorités politico-administratives et des différents services publics est également considéré comme une étape importante pour la normalisation de la vie dans les zones touchées par les conflits.
Pour les communautés, la restauration de l’autorité de l’État doit aller de pair avec l’amélioration de la sécurité et des conditions sociales, afin de créer un environnement favorable au retour durable des personnes déplacées.
La société civile considère ainsi cette première visite du gouverneur militaire à Djugu comme une occasion de renouer le dialogue avec les populations. L’enjeu, désormais, sera de traduire les préoccupations recueillies sur le terrain en mesures concrètes susceptibles de renforcer la sécurité, de restaurer les services publics et de favoriser le retour des déplacés.