Par Patrick Kitoko
La riposte contre Ebola entre dans une nouvelle phase en RDC. Après plusieurs semaines de mobilisation, la tendance épidémiologique est globalement à la baisse dans les provinces touchées. Mais cette embellie reste fragile. Le Nord-Kivu, où les cas continuent d'augmenter, est désormais le principal point de vigilance.
C'est le principal enseignement de la réunion hebdomadaire de coordination stratégique présidée mercredi par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba.
La courbe fléchit, le virus résiste
Les données présentées montrent une évolution favorable dans plusieurs foyers, signe de l'efficacité des mesures de surveillance, de prise en charge et de prévention.
Le gouvernement refuse pourtant tout triomphalisme. Pendant que plusieurs zones enregistrent une amélioration, le Nord-Kivu affiche une tendance à la hausse. Une situation qui oblige les équipes à maintenir et renforcer la surveillance épidémiologique et les interventions communautaires.
Le contraste est clair: la RDC progresse, mais le virus conserve une capacité de rebond.
Pour consolider les acquis, le gouvernement vient de franchir une étape avec la signature de la version 2 du Plan de préparation et de réponse multisectorielle « One Health ». Couvrant 180 jours à compter de septembre, ce document devient le nouveau cadre de référence de la riposte.
Sa signature intervient au moment où la stratégie doit passer de l'urgence à la consolidation, en anticipant d'éventuelles nouvelles flambées.
Ituri : vers la gratuité des soins
Autre annonce majeure: le lancement progressif de la gratuité des soins dans les zones affectées de l'Ituri. Une mesure conditionnée à la disponibilité effective des médicaments et intrants.
Les partenaires ont été appelés à rendre disponibles les stocks avant la fin du mois. Bunia et Rwampara seront les premières zones bénéficiaires, avant une extension progressive. L'enjeu: éviter que l'accès aux soins ne freine la maîtrise de l'épidémie.
Le financement reste un angle mort. Sur près de 40 organisations engagées dans la riposte, seule une vingtaine a communiqué ses données financières: engagements, montants reçus et décaissements. Une opacité qui empêche d'avoir une vision consolidée des ressources mobilisées.
Les partenaires défaillants seront relancés cette semaine. Un nouvel état des lieux est attendu lors de la prochaine coordination.
Sans relâchement dans les provinces touchées, Kinshasa fait l'objet d'une attention particulière. Considérée comme zone à risque, la capitale accélère ses préparatifs, notamment en communication.
Radios et télévisions sont appelées à intensifier la diffusion des messages de prévention. Au-delà des médias, le gouvernement veut impliquer les Églises, pasteurs et leaders religieux dans la sensibilisation communautaire.
La situation s'améliore globalement, mais l'épidémie n'est pas encore sous contrôle partout. Entre nouveau plan de riposte, gratuité des soins en Ituri, traçabilité des financements et prévention à Kinshasa, l'exécutif veut transformer la décrue actuelle en tendance durable.