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Jean-Serge Onyumbe Wedi : du journalisme à la réflexion politique, un parcours guidé par la communication

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Jean Serge Onyumbe Wedi, journaliste, communicant, cadre d'entreprise, acteur associatif , chercheur et engagé dans le débat public
Jean Serge Onyumbe Wedi, journaliste, communicant, cadre d'entreprise, acteur associatif , chercheur et engagé dans le débat public

Par Patrick Kitoko

Journaliste, communicant, cadre d’entreprise, acteur associatif, chercheur et désormais engagé dans le débat public : Jean-Serge Onyumbe Wedi, connu sous les initiales JSOW, présente un parcours difficile à enfermer dans une seule case.

Derrière cette succession de fonctions se dessine pourtant une constante : la communication. Des salles de rédaction aux entreprises, de l’action sociale à la recherche, jusqu’à la réflexion politique, il n’a cessé de travailler autour d’une même matière : les mots, les discours, les organisations et leur rapport avec la société.

Des premiers pas dans le journalisme

Le premier chapitre s’écrit dans les médias. Étudiant à l’UNISIC, alors IFASIC, Jean-Serge Onyumbe Wedi fait ses premières armes en 2005 à Radio Liberté Kinshasa, sous l’encadrement de Serge Kabongo. Cette expérience constitue l’un des premiers jalons d’un parcours qui allait progressivement dépasser le seul cadre journalistique.

Il poursuit son apprentissage à Mirador FM, où il participe à la présentation du journal parlé sous la supervision de Hubert Temina. La télévision vient ensuite avec BRT Africa, où il côtoie notamment Thierry Monsenepwo, Paulette Kimuntu, Patient Ligodi et Paul Dikasa, aujourd’hui disparu.

La presse écrite complète cette première immersion. Au journal La République, il signe ses premiers articles sous l’encadrement de Rombeau Kasongo Mabia et du professeur Budim’Bani. Un détail prend, avec le recul, une dimension particulière : plusieurs années plus tard, Budim’Bani deviendra son promoteur de recherche dans le cadre de son mémoire de troisième cycle en communication à l’UNISIC.

Le journaliste quitte donc progressivement les rédactions, mais reste dans l’univers de la communication.

Deuxième rupture : l’entreprise et la communication institutionnelle

Le passage du journalisme à l’entreprise constitue une première véritable rupture professionnelle. Après une expérience dans le secteur des télécommunications, notamment chez Celtel, Jean-Serge Onyumbe Wedi rejoint ProCredit Bank, dans un contexte d’expansion du secteur bancaire en République démocratique du Congo.

Le changement est important : il ne s’agit plus seulement de produire et de diffuser de l’information. Il faut désormais penser la communication comme un outil au service d’une organisation.

Cette évolution le conduit progressivement vers des responsabilités dans la communication. En 2015, il rejoint la Banque Commerciale du Congo (BCDC). Là encore, son environnement professionnel change, mais la logique demeure la même : comprendre une institution, construire son image, maîtriser ses messages et organiser sa relation avec ses différents publics.

Le communicant devient ainsi progressivement un acteur de la stratégie interne et externe des organisations.

Troisième virage : des organisations aux ressources humaines

Nouveau changement de terrain avec Zenith Services RDC. Cette fois, l’activité ne se limite plus à la communication institutionnelle. Les ressources humaines, le recrutement et le commercial entrent au cœur de ses responsabilités.

Le centre d’intérêt se déplace alors de l’image des organisations vers les personnes qui les font fonctionner. Cette expérience ouvre une nouvelle dimension dans son parcours : comprendre les profils, les compétences, les besoins des entreprises et les mécanismes d’insertion professionnelle.

Il poursuit ensuite cette trajectoire avec Bethel PMSE, active notamment dans la planification et le maintien de la santé en entreprise. Les questions d’ergonomie et de bien-être au travail viennent enrichir son expérience.

Puis, au Fonds de Promotion de la Santé, son expertise communicationnelle s’inscrit dans un environnement institutionnel lié au secteur de la santé et à la mise en œuvre de la couverture santé universelle. À chaque étape, le décor change. Le fil conducteur, lui, demeure.

Quatrième rupture : passer de la communication à l’action sociale

C’est avec Jeune Ze Vieux que son parcours prend une dimension davantage sociétale. L’initiative repose sur une idée centrale : créer des passerelles entre les générations plutôt que de présenter systématiquement les jeunes et les aînés comme deux camps opposés.

Pour Jean-Serge Onyumbe Wedi, l’expérience des générations précédentes peut constituer une ressource pour une jeunesse appelée à prendre progressivement le relais. Mais le projet ne reste pas cantonné aux discours.

En 2019, Jeune Ze Vieux met en place à Kinshasa une école primaire privée destinée à permettre la scolarisation gratuite d’enfants issus de milieux défavorisés.

Selon Business et Finances, l’établissement accueille 600 enfants au cours de sa première année. Cette initiative marque une différence importante dans son parcours : il ne s’agit plus uniquement de communiquer autour d’une idée, mais de tenter de la traduire en action.

Cinquième étape : du social au débat politique

L’engagement public apparaît ensuite comme une autre évolution. Dès 2016, Jean-Serge Onyumbe Wedi intervient dans le débat sur plusieurs questions qui traversent la vie politique congolaise : dialogue, élections, Constitution, alternance, participation citoyenne, intégrité territoriale et renouvellement de la classe politique.

L’une des idées qu’il défend alors est celle d’une implication citoyenne qui ne serait pas nécessairement enfermée dans les structures traditionnelles des partis. Le concept de « Collectif des indépendants » s’inscrit dans cette réflexion.

Il traduit une volonté de faire émerger, dans l’espace politique, des citoyens qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les appareils partisans classiques.

Cette approche rejoint, sur un autre terrain, la philosophie développée avec Jeune Ze Vieux : favoriser la participation de ceux qui restent en marge des espaces traditionnels de décision.

Dialogue, Constitution et alternance

Dans le contexte politique tendu de 2016, son discours s’articule également autour du dialogue et de la recherche d’une sortie pacifique de la crise. Il défend alors le dialogue comme un instrument de règlement des différends politiques, tout en mettant en avant le respect du cadre constitutionnel.

Sur la limitation des mandats présidentiels, ses prises de position de l’époque mettent en avant le respect de la Constitution et la perspective d’une alternance pacifique.

Sur la question de la « balkanisation », il insiste sur la défense de l’intégrité territoriale, au-delà des clivages politiques. Ces différentes prises de position font apparaître plusieurs thèmes récurrents dans sa pensée publique : participation citoyenne, renouvellement générationnel, dialogue, respect des institutions, Constitution et défense de l’intégrité territoriale.

Sixième étape : le retour vers l’université

Le parcours prend ensuite une dimension académique. Après avoir travaillé sur la communication dans les médias, les entreprises et les institutions, Jean-Serge Onyumbe Wedi s’intéresse désormais à la communication comme objet d’étude.

La sémiotique, l’analyse des identités et l’étude des pratiques discursives occupent une place croissante dans ses travaux. La question n’est plus seulement de savoir comment communiquer, mais également de comprendre ce que les discours produisent dans la société.

Que disent les acteurs ?

Comment construisent-ils leurs messages ?

Comment ces discours participent-ils à façonner les représentations collectives ?

Comment les institutions, les dirigeants et les citoyens construisent-ils leur propre image à travers le langage ?

Le communicant devient ainsi chercheur.

Une trajectoire qui refuse les étiquettes uniques

Aujourd’hui, Jean-Serge Onyumbe Wedi évolue à la croisée de plusieurs univers : communication, entreprise, recherche, action sociale et réflexion politique.

Son parcours peut apparaître comme une succession de changements professionnels. Mais une lecture transversale permet de distinguer une certaine continuité.

Le journaliste travaille sur l’information. Le communicant travaille sur le message. Le cadre d’entreprise travaille sur l’organisation. L’acteur associatif travaille sur la société. Le chercheur travaille sur les mécanismes qui produisent les discours. L’acteur public intervient, lui, dans le débat collectif.

Ces fonctions sont différentes. Elles ne doivent donc pas être confondues. Mais elles se croisent autour d’un même objet : la relation entre les individus, les organisations et la société.

De Bumbu à plusieurs espaces professionnels

Le point de départ reste Bumbu, commune populaire de Kinshasa où s’enracine son histoire personnelle. Depuis, le parcours s’est considérablement élargi : rédactions, banques, entreprises, institutions publiques, associations, universités et espaces de débat citoyen.

Cette diversité constitue précisément ce qui rend son profil difficile à résumer. Jean-Serge Onyumbe Wedi a été journaliste. Il est devenu communicant. Il a travaillé dans l’entreprise, les ressources humaines et le secteur de la santé. Il s’est engagé dans l’action associative. Il a investi le champ de la recherche et s’est progressivement affirmé dans le débat public.

Il serait donc réducteur de chercher à lui attribuer une seule identité professionnelle. Car derrière ces différentes casquettes demeure une même constante : la communication. Les mots pour informer. Les mots pour construire une image. Les mots pour transmettre. Les mots pour organiser. Les mots pour analyser. Et, désormais, les mots pour participer au débat sur la société congolaise.

Le parcours de Jean-Serge Onyumbe Wedi apparaît ainsi moins comme une succession de métiers que comme une série de déplacements autour d’un même centre de gravité. Du micro de la radio aux travaux de recherche, de l’entreprise à l’action sociale et du discours professionnel au débat public, JSOW a changé plusieurs fois de terrain sans véritablement changer de matière : les mots et ce qu’ils produisent dans la société.

La prochaine étape de ce parcours reste à écrire. Mais une constante se dégage déjà : derrière les différentes fonctions se trouve un même intérêt pour la société congolaise, ses codes, ses contradictions et les mécanismes qui façonnent son débat public.

Jeudi 24 septembre 2026 - 19:30