Arrivée le 13 avril 2026, à Washington pour les Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, la Première ministre de la République démocratique du Congo,Judith Suminwa Tuluka, ne fait pas de la figuration. En 48 heures, elle a enchaîné deux rendez-vous clés pour sécuriser les finances de l’État et ouvrir des robinets dans le secteur de la santé.
Les Réunions de printemps, prévues jusqu’au 18 avril, rassemblent les grands argentiers de la planète. La cheffe du Gouvernement congolais y joue une partition claire : transformer le dialogue technique en appuis budgétaires et en projets concrets.
Le FMI en ligne de mire : la troisième revue comme test décisif
Première étape dès le 14 avril avec Jephté Nsumbu, administrateur suppléant au FMI, et Félicien Mulenda, coordonnateur du CTR au ministère des Finances. Sur la table : l’avancement des Réunions de printemps et la santé macroéconomique de la RDC.
« Nous avons fait le point avec Son Excellence Madame la Première ministre sur les réunions et sur les perspectives économiques du pays », explique M. Nsumbu. Malgré les tensions géopolitiques et le poids des dépenses sécuritaires, « le cadre macroéconomique reste globalement sous contrôle ».
Tout se joue maintenant sur la troisième revue du programme FMI, attendue dès le 23 avril. Elle évaluera la gestion à fin décembre 2025. Si les critères sont remplis, le Conseil d’administration du FMI se penchera sur le dossier fin juin. L’enjeu est sonnant : « Chaque revue concluante peut déboucher sur un décaissement en appui budgétaire », rappelle M. Nsumbu. Une restitution suivra à Kinshasa après les discussions entre experts du Fonds et autorités congolaises.
Santé : l’Africa CDC valide les efforts et propose des “debt swaps”
Deuxième front : la santé. La Première ministre a reçu le Docteur Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC. L’agence africaine salue l’augmentation du budget santé décidée par Kinshasa sur ressources propres. « Les Congolais doivent être fiers des efforts fournis par leur Gouvernement », lance le Dr Kaseya, qui cite aussi des évaluations récentes positives.
Au-delà des félicitations, les deux parties ont parlé argent frais. Des mécanismes de “debt swap” ont été proposés pour générer des ressources additionnelles en faveur du système de santé. La proposition a reçu un accueil favorable de la Première ministre. Elle portera d’ailleurs ces avancées devant partenaires et officiels lors d’un événement prévu à Washington, pour valoriser les progrès de la RDC et attirer de nouvelles coopérations.
Au-delà des audiences, une bataille pour des ressources
La séquence de Washington montre la méthode Suminwa : des échanges techniques ciblés pour débloquer du cash. Côté FMI, il s’agit d’assurer la continuité de l’appui budgétaire. Côté Africa CDC, de financer la réforme du système de santé sans attendre.
L’objectif affiché : renforcer la résilience économique du pays, tenir les engagements du Programme d’actions du Gouvernement et financer les secteurs qui touchent directement les populations.