Par Patrick Kitoko
Le Rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli Eseng'ekeli, a plaidé pour une ratification rapide des accords conclus entre la République Démocratique du Congo, le Rwanda et les États-Unis, qu’il considère comme un « bouclier de notre existence ». Cette déclaration a été faite jeudi lors d’une conférence universitaire organisée à l’UPN -Université Pédagogique Nationale- à Kinshasa.
Placée sous le thème « Résilience et paix en RDC : enjeux de l’éducation, de l’aménagement urbain et de la diplomatie parlementaire », la rencontre a rassemblé étudiants, chercheurs et acteurs de la société civile. Elle a été initiée notamment par le Forum national de la jeunesse pour l’excellence et la plateforme citoyenne « Kinshasa mérite mieux ».
Intervenant en sa qualité de porte-parole de la chambre basse du Parlement, Jacques Djoli Eseng'ekeli a consacré son exposé à la « diplomatie parlementaire et souveraineté nationale », avec une analyse institutionnelle des accords dits de Washington entre la RDC et ses partenaires.
Dans son analyse géostratégique, le professeur a dressé un tableau critique des relations internationales contemporaines, qu’il a décrites comme dominées par la loi du plus fort. Selon lui, les grandes puissances privilégient leurs intérêts sécuritaires et économiques dans un système international « anarchique ».
Dans ce contexte, la République Démocratique du Congo demeure, depuis plus de trois décennies, confrontée à des conflits persistants liés au contrôle de ses ressources naturelles.
Une réalité souvent masquée, selon lui, par des théories simplistes telles que la « malédiction des ressources ».
Face à ces défis, Jacques Djoli Eseng'ekeli a présenté les accords RDC–Rwanda, les discussions de Doha et le partenariat RDC–États-Unis comme les piliers d’une « refondation stratégique » du pays. Il a salué la démarche du président Félix Tshisekedi, consistant à « changer le narratif » en dénonçant les mécanismes de déstabilisation et d’exploitation illégale des ressources congolaises.
Selon lui, ces accords visent notamment à éradiquer les activités illicites liées à l’extraction et au commerce des minerais, facteurs majeurs d’insécurité dans la région des Grands Lacs.
En conclusion, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a insisté sur la responsabilité du Parlement dans ce processus. Il a appelé les élus à autoriser le chef de l’État à ratifier ces accords, qu’il considère comme essentiels pour renforcer la souveraineté, la sécurité et la stabilité de la République Démocratique du Congo.
“ Il est impératif de sortir du déficit de pensée stratégique ”, a-t-il conclu, exhortant les institutions congolaises à adopter une vision cohérente face aux enjeux géopolitiques actuels.