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Butembo : Julien Paluku Kahongya présente sa stratégie pour rendre les produits agricoles congolais plus compétitifs à l’international 

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Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur en RDC
Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur en RDC

Par Denise Kyalwahi

Longtemps dominée par les minerais, l’économie de la République démocratique du Congo s’ouvre progressivement au secteur agricole. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, veut porter la part des exportations agricoles de 2,72 % à 15 % des exportations nationales dans les prochaines années.

Il l’a affirmé ce vendredi 16 mai 2026 lors d’un colloque scientifique organisé par l’Université de l’Assomption au Congo, sur le site de Kambali, à Butembo.

Intervenant par visioconférence, Julien Paluku a dénoncé ce qu’il qualifie de « paradoxe de l’abondance ». Malgré ses immenses terres arables, capables selon lui de nourrir près de deux milliards de personnes, la RDC dépend encore largement du secteur minier. Le cuivre, le cobalt et l’or représentent aujourd’hui plus de 94 % des exportations du pays.

Pour atteindre l’objectif fixé, le ministre mise sur le renforcement des normes sanitaires et phytosanitaires afin de faciliter l’accès des produits congolais aux marchés internationaux. Il insiste sur la modernisation des laboratoires de contrôle de l’OCC et de l’INERA pour que les certificats délivrés en RDC soient reconnus à l’étranger. Il propose aussi de réduire les coûts de production en supprimant certaines taxes sur les semences, les engrais et autres intrants. Enfin, il souhaite que les revenus miniers servent à financer les infrastructures agricoles comme les entrepôts frigorifiques et les silos de stockage, afin de limiter les pertes post-récolte estimées à plus de 40 % en RDC.

Des avancées restent néanmoins visibles. La part des produits agroalimentaires dans les exportations congolaises est passée de 0,67 % en 2023 à 2,72 % en 2024, tandis que les importations alimentaires ont reculé de 13,56 % en 2015 à 8,01 % en 2024. « La production locale commence progressivement à concurrencer les produits importés », a expliqué Julien Paluku Kahongya.

Malgré ces ambitions, plusieurs obstacles demeurent : coût élevé du carburant, difficultés logistiques et manque d’équipements adaptés. À travers cette vision, Julien Paluku veut faire du label « Made in DRC » un gage de qualité capable de séduire les marchés internationaux. Le colloque se poursuit jusqu’au samedi 17 mai 2026.

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Vendredi 15 mai 2026 - 18:19