Par Gloire Balolage
La situation alimentaire demeure extrêmement préoccupante en République démocratique du Congo. Selon les chiffres des Nations unies, plus de 26,5 millions de Congolais sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire, soit près d’un habitant sur quatre à travers le pays. Face à cette réalité alarmante, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) tirent la sonnette d’alarme sur une crise qu’elles qualifient parmi les plus graves au monde.
Dans un communiqué commun, les deux agences onusiennes soulignent que cette crise alimentaire continue de s’aggraver dans plusieurs régions de la RDC. Le PAM estime que cette situation s’est « profondément enracinée », plongeant des millions de ménages vulnérables dans un cycle permanent de besoins humanitaires. Les femmes et les enfants figurent parmi les catégories les plus touchées par cette insécurité alimentaire persistante.
Les données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) révèlent également une situation inquiétante concernant les enfants. Plus de 4 millions d’enfants de moins de cinq ans auront besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë entre janvier et juin 2026. Les agences onusiennes précisent qu’une grande partie de ces enfants se trouve déjà dans une situation critique nécessitant une prise en charge urgente.
Parmi ces enfants, plus de 1,3 million souffrent ou risquent de souffrir de malnutrition aiguë sévère. Le PAM et la FAO avertissent que cette condition peut devenir mortelle en quelques semaines en l’absence d’une assistance rapide et adaptée. Cette situation met davantage de pression sur les structures sanitaires et humanitaires déjà confrontées à d’importantes difficultés dans plusieurs provinces du pays.
La crise nutritionnelle touche également les femmes enceintes et allaitantes. Selon les projections des deux agences des Nations unies, plus de 1,5 million de femmes devraient être affectées par la malnutrition aiguë. Une situation qui augmente considérablement les risques sanitaires pour les mères comme pour les enfants, dans un contexte où l’accès aux soins et à une alimentation suffisante reste limité pour de nombreuses familles congolaises.
Au total, les vies de près de 3,6 millions de Congolais sont directement menacées par cette crise alimentaire. Les organisations humanitaires insistent sur l’urgence d’une mobilisation internationale afin de prévenir une aggravation de la situation dans les prochains mois. Elles rappellent que sans soutien rapide, des millions de personnes pourraient voir leurs conditions de vie se détériorer davantage.
Face à cette urgence humanitaire, le PAM et la FAO reconnaissent aujourd’hui manquer sérieusement de moyens financiers pour répondre efficacement aux besoins. Le Programme alimentaire mondial indique faire face à un déficit estimé à 214 millions de dollars jusqu’au mois d’octobre. De son côté, la FAO réclame en urgence 163 millions de dollars afin de soutenir la saison agricole avant les prochains semis, considérés comme essentiels pour renforcer la production alimentaire et limiter l’aggravation de la crise en RDC.