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Insécurité à Masisi : la société civile alerte sur une série de massacres, d’enlèvements et de déplacements massifs de populations civiles

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La population civile en déplacement à Masisi [photo d'illustration]
La population civile en déplacement à Masisi [photo d'illustration]

Par la Rédaction

La Coordination territoriale de la société civile Forces vives du territoire de Masisi, en province du Nord-Kivu, tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la dégradation continue de la situation sécuritaire dans cette partie de la République démocratique du Congo. Dans un communiqué rendu public à Pinga, ce jeudi 14 mai 2026, cette structure dénonce une recrudescence des violences armées et des atteintes graves aux droits humains contre les populations civiles.

Selon ce document, un travail de monitoring mené depuis le 1er avril 2026 met en évidence une série d’incidents sécuritaires qui touchent plusieurs localités du territoire. La société civile affirme que ces violences se traduisent par des meurtres, des disparitions forcées, des pillages et des attaques répétées contre des civils sans défense.

Parmi les faits rapportés, des affrontements survenus début mai dans la zone de Remeka et ses environs, en groupement Ufamandu 1, auraient entraîné la mort de plusieurs civils, dont des femmes et des enfants. Ces combats ont également provoqué des déplacements massifs de populations, estimés à des dizaines de milliers de personnes, ainsi que la perturbation des activités scolaires, notamment des examens d’État.

Le communiqué indique également que la cité de Sake et ses environs ont enregistré plusieurs cas de meurtres, de disparitions forcées et de cambriolages. Dans le même registre, d’autres villages du territoire, notamment dans le groupement de Biriri, ont été le théâtre d’homicides et d’attaques ayant causé des pertes en vies humaines.

La situation dans la commune rurale de Masisi est décrite comme particulièrement préoccupante, avec des centaines de ménages victimes de cambriolages nocturnes et d’extorsions de biens. La société civile rapporte que de nombreux habitants sont contraints de passer la nuit hors de leurs domiciles, notamment dans des écoles ou chez des familles d’accueil, par crainte d’attaques armées.

Le document fait également état d’incursions violentes dans des établissements scolaires, où des hommes armés auraient agressé des civils, causant plusieurs blessés et des actes de violence grave. D’autres localités, comme Nyabiondo, Mutiri ou encore Bukombo, auraient connu des attaques similaires, marquées par des blessures infligées à l’arme blanche et des pillages de biens.

La société civile évoque aussi des cas d’enlèvements, notamment celui de jeunes cinéastes disparus sur l’axe Sake-Goma, ainsi que des assassinats ciblés dans plusieurs villages du territoire. Elle souligne par ailleurs que certaines zones se vident progressivement de leurs habitants, en raison des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et des menaces persistantes.

Face à cette situation, la Coordination territoriale de la société civile Forces vives de Masisi condamne fermement ces violences qu’elle juge contraires aux principes fondamentaux du droit international humanitaire. Elle appelle à un rétablissement urgent de la sécurité, à l’ouverture d’enquêtes indépendantes, à une assistance humanitaire pour les déplacés et au respect strict des normes protégeant les civils en temps de conflit.

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Jeudi 14 mai 2026 - 15:18