Par Serge Mavungu
La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a remis vendredi à l’Assemblée nationale ses deux rapports annuels portant sur l’année 2025. Le premier dresse l’état des droits humains en République démocratique du Congo, le second détaille les activités menées par l’institution.
« Nous transmettons à notre autorité de tutelle une évaluation de la situation des droits de l’homme en 2025 et un compte rendu de notre travail. Nous avons passé en revue les faits marquants liés à la promotion et à la protection des droits fondamentaux », a expliqué Paul Nsapu, président de la CNDH-RDC.
Les rapports ont été réceptionnés par Aimé Boji, président de l’Assemblée nationale, en présence de Jacques Ndjoli, rapporteur de la chambre basse. Paul Nsapu était accompagné de Me Joëlle Mbamba Kona, vice-présidente, et de Me Gisèle Kapinga, commissaire nationale chargée des droits de la femme et de l’enfant.
Au cours de l’échange, la CNDH a présenté les contraintes rencontrées dans l’exercice de son mandat sur l’ensemble du territoire. Paul Nsapu a noté que la RDC reste sous l’attention de la communauté internationale en raison des enjeux sécuritaires et institutionnels.
Il a rappelé que la commission assure une mission de contrôle sur l’ensemble des structures publiques, afin de s’assurer que les standards des droits humains sont respectés.
« Nous accompagnons le gouvernement avec des recommandations concrètes pour renforcer la protection des citoyens », a-t-il indiqué.
La CNDH fonctionne selon les Principes de Paris, qui garantissent l’autonomie des institutions nationales et leur rôle consultatif auprès des Nations Unies.
« Nos rapports permettent à la communauté internationale de mieux comprendre la réalité des droits humains en RDC », a souligné Paul Nsapu.
Un dispositif légal solide, une application à renforcer
Pour le président de la CNDH, le pays dispose déjà d’un arsenal juridique important en matière de droits humains. « Le problème n’est plus la production des lois, mais leur mise en œuvre effective », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur la situation dans l’Est, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où les conflits entravent la protection des populations.
« Il faut dénoncer et agir pour mettre fin à ces violations », a-t-il affirmé.
Dans les zones sous administration de Kinshasa, la CNDH poursuit son travail de suivi sur les droits civils et politiques, les droits de la femme et de l’enfant, ainsi que ceux des personnes vivant avec handicap. L’institution intervient également sur les conflits de travail lorsqu’elle est saisie.
« Quand la vie est en danger, on ne peut pas garder le silence », a conclu Paul Nsapu.