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Butembo : la synergie des mouvements citoyens dénonce des “appétits politiques démesurés” autour d’un éventuel troisième mandat pour Tshisekedi

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Le Président Félix Tshisekedi [photo d'illustration]
Le Président Félix Tshisekedi [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

À travers un communiqué conjoint rendu public,ce 9 mai 2026, à Butembo, plusieurs mouvements citoyens et groupes de pression du Nord-Kivu ont exprimé leur opposition catégorique à toute initiative visant à modifier la Constitution de la République démocratique du Congo en faveur d’un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

Réunis au sein d’une synergie locale, ces acteurs de la société civile estiment qu’un tel projet constituerait une violation de la loi fondamentale et une menace pour l’avenir démocratique du pays. Parmi les structures signataires figurent notamment la LUCHA, le Parlement Debout de Furu (PDF), FILIMBI, RAIYA ANA SIMAMA, Génération Z RDC et Citizen Act.

Dans leur déclaration, ces mouvements dénoncent ce qu’ils qualifient de « déclarations contradictoires, provocatrices et dangereuses » tenues récemment par le chef de l’État lors de sa conférence de presse.

Selon eux, le contexte actuel de crise sécuritaire et sociale devrait pousser les autorités à concentrer leurs efforts sur la restauration de la paix et l’amélioration des conditions de vie des populations, plutôt que sur des débats liés à une éventuelle révision constitutionnelle. Les signataires rappellent que plusieurs régions du pays continuent de faire face à une insécurité persistante, particulièrement dans l’Est de la RDC.

Ils accusent le président Félix Tshisekedi et son entourage politique de vouloir ouvrir la voie à un troisième mandat à travers un projet de changement constitutionnel présenté sous couvert de consultation populaire ou de référendum.

Dans leur prise de position, les signataires reviennent également sur les propos du président affirmant qu’il accepterait un troisième mandat « si le peuple le veut ». Pour ces mouvements, cette déclaration constitue une indication claire d’une volonté de remettre en cause les principes de l’alternance démocratique.

Ils considèrent que cette orientation risque d’affaiblir davantage les acquis démocratiques obtenus après plusieurs années de luttes politiques et de sacrifices humains consentis par différents acteurs sociopolitiques du pays.

Le communiqué met aussi en avant ce que ces organisations qualifient d’incohérence dans le discours officiel autour des processus électoraux.

Elles estiment qu’il est contradictoire de soutenir qu’il serait difficile d’organiser des élections dans certaines provinces à cause de la guerre, tout en envisageant parallèlement l’organisation d’un référendum constitutionnel dans les mêmes conditions sécuritaires. Selon elles, cette situation démontre que la priorité du régime serait davantage la conservation du pouvoir que la résolution des problèmes auxquels la population est confrontée.

Les mouvements citoyens accusent également le pouvoir de vouloir contourner l’article 220 de la Constitution, disposition qui limite le mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une seule fois. Ils rappellent que la Constitution prévoit déjà, à travers ses articles 218 et 219, les modalités de sa révision, tout en considérant certaines dispositions comme intangibles. Dans ce contexte, ils parlent d’un « coup d’État constitutionnel » et affirment leur détermination à s’opposer à toute tentative de modification de cet équilibre institutionnel.

Enfin, la synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo appelle la population congolaise, les partis politiques ainsi que toutes les forces vives du pays à se mobiliser pour défendre la démocratie. Les signataires annoncent par ailleurs le lancement prochain d’actions de terrain afin de sensibiliser et mobiliser autour de leur position.

Samedi 9 mai 2026 - 14:18