Par Gloire Balolage
L’ancien Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a adressé, jeudi 11 juin 2026, un message au peuple congolais dans lequel il exprime sa ferme opposition au projet de révision de la Constitution porté par les autorités en place. Dans cette déclaration, il affirme que la situation politique du pays continue de se détériorer et estime que les alertes qu’il avait lancées ces derniers mois trouvent aujourd’hui une confirmation dans les faits.
Revenant sur ses précédentes prises de parole, l’ancien chef de l’État rappelle qu’il avait, dès mai 2025, dressé un tableau préoccupant de l’état de la Nation et de ses institutions. À l’époque, il avait proposé une série de mesures destinées à restaurer le fonctionnement harmonieux des institutions, renforcer la cohésion nationale et préserver la paix.
Il affirme que les problèmes qu’il avait alors soulevés n’ont cessé de s’aggraver au fil du temps. Joseph Kabila évoque également ses mises en garde répétées contre ce qu’il qualifie de risque de « soudanisation » de la République démocratique du Congo. Selon lui, le pays court le danger d’une implosion si aucune mesure n’est prise pour mettre fin à ce qu’il considère comme une mauvaise gouvernance.
Il dénonce notamment un exercice du pouvoir qu’il juge arrogant, liberticide, prédateur et discriminatoire envers certaines catégories de citoyens.
Dans son message, l’ancien président estime que ses avertissements ont souvent été mal compris ou déformés. Il accuse certains acteurs politiques de privilégier leurs intérêts personnels ou partisans au détriment de l’intérêt général et de chercher à détourner l’attention de la population des véritables causes des difficultés que traverse le pays.
L’ancien chef de l’État considère que l’adoption de la loi référendaire par l’Assemblée nationale a dissipé toute ambiguïté sur les intentions du pouvoir. Selon lui, cette initiative confirme la volonté de modifier la Constitution, qu’il présente comme le socle du pacte républicain et du vivre-ensemble national. Il soutient que cette démarche n’est plus une simple hypothèse ou une accusation de l’opposition, mais une orientation politique assumée par les dirigeants actuels.
Joseph Kabila affirme que cette volonté de modifier la loi fondamentale constitue une violation du serment constitutionnel des dirigeants. À ses yeux, le pays s’engage progressivement vers une concentration du pouvoir qui pourrait affaiblir les perspectives d’alternance démocratique. Il estime que cette évolution risque d’accentuer les tensions et de fragiliser davantage la stabilité nationale.
Face à cette situation, l’ancien président appelle les Congolais à ne pas rester passifs. Il souligne que les enjeux dépassent les intérêts des partis politiques et concernent directement l’avenir du pays ainsi que celui des générations futures. Il rappelle également que, selon lui, la responsabilité de défendre la République et ses institutions incombe d’abord aux citoyens congolais eux-mêmes.
S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, Joseph Kabila invite les forces vives de la Nation à se mobiliser pour défendre l’ordre constitutionnel et les acquis démocratiques. Il exhorte les citoyens à soutenir les initiatives annoncées par les acteurs politiques et sociaux engagés dans cette cause. Concluant son message par un appel à la vigilance citoyenne, il souhaite que chaque communauté contribue à la protection des libertés publiques, de la démocratie et de la bonne gouvernance en République démocratique du Congo.