Par Serge Mavungu
La transformation numérique de la République démocratique du Congo nécessite une implication accrue du secteur privé. C’est le message porté par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, jeudi 8 octobre 2026, lors du Vodacom Impact Forum 2026 organisé à Kinshasa autour du thème « Investir durablement pour connecter la RDC de demain ».
Réunis au siège de Vodacom Congo, le Vodapark, des responsables publics et des acteurs du secteur numérique ont échangé sur les moyens d’accélérer la digitalisation du pays et de réduire les inégalités d’accès aux infrastructures et aux services numériques.
La rencontre a notamment réuni le ministre d’État en charge de la Formation professionnelle, le ministre des Postes et Télécommunications, la vice-gouverneure de la Banque centrale du Congo ainsi que le président de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC).
À en croire le gouvernement de la République, le développement du numérique constitue l’un des axes de son Programme d’actions 2024-2028. L’exécutif encourage ainsi les investissements privés dans les infrastructures et les services numériques, avec l’ambition d’élargir l’accès à la connectivité et de soutenir l’émergence d’une économie numérique.
Le partenariat public-privé mis en avant
Le directeur général de Vodacom Congo, Khalil Al Americani, a présenté le forum comme un espace destiné à rapprocher les différents acteurs engagés dans la transformation numérique du pays.
« Les grandes transformations d’un pays ne se décrètent pas. Elles se construisent dans le dialogue, dans les partenariats et dans la confiance », a-t-il déclaré.
De son côté, le ministre des Postes et Télécommunications, José Panda, a mis en avant plusieurs priorités du secteur, notamment la connectivité des 145 territoires et la réduction de la fracture numérique.
Il a également évoqué la nécessité d’élargir l’assiette fiscale du secteur et de poursuivre la digitalisation de la RDC avec l’objectif fixé à l’horizon 2030.
Mutualiser les infrastructures pour élargir la couverture
Les échanges ont également porté sur la mutualisation des infrastructures numériques. Cette approche devrait permettre d’accroître les capacités de couverture et de répondre plus efficacement aux besoins de la population, particulièrement dans les zones encore insuffisamment desservies.
Pour Judith Suminwa, l’enjeu est désormais de créer les conditions d’un investissement durable, inclusif et souverain dans les infrastructures de connectivité.
Cette orientation s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix Tshisekedi, qui ambitionne de faire de la RDC un pays davantage numérisé à l’horizon 2030.
Des potentialités importantes, mais des défis persistants

La Première ministre estime que la RDC dispose d’importants atouts pour devenir un hub numérique en Afrique. Elle cite notamment une population de plus de 100 millions d’habitants, majoritairement jeune, ainsi que le dynamisme des services de mobile money.
Le pays reste toutefois confronté à plusieurs obstacles. La fracture numérique demeure importante entre les zones urbaines, périurbaines et rurales, tandis que le faible pouvoir d’achat, le taux de pénétration encore limité d’Internet et les difficultés liées au déploiement des infrastructures freinent l’accès aux services numériques.
Face à ces défis, le gouvernement entend poursuivre ses efforts pour étendre la connectivité au-delà des grands centres urbains et atteindre progressivement les 145 territoires du pays.
Pour Judith Suminwa, cette transformation doit permettre de faire du numérique un outil accessible à tous les Congolais.
« Connecter la RDC, c’est connecter chaque Congolais à son avenir », a-t-elle conclu.