Par la Rédaction
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a défendu la politique d’endettement de la République démocratique du Congo (RDC), après les critiques de l’ancien président Joseph Kabila sur l’évolution de la dette publique. Dans une réaction rendue publique à la suite du message de l’ancien chef de l’État à la nation, vendredi 9 octobre 2026, l’argentier congolais estime qu’un endettement inférieur à 20 % du produit intérieur brut (PIB) ne saurait être considéré comme un fardeau, dès lors qu’il contribue au financement des infrastructures et des priorités gouvernementales tout en préservant la soutenabilité des finances publiques.
« Assainir la dette publique est une chose ; utiliser celle-ci comme un levier de financement des infrastructures et des priorités du Gouvernement tout en maintenant sa soutenabilité comme nous le faisons depuis 2019, résulte de la cohérence de l’action publique et d’une vision stratégique », a déclaré Doudou Fwamba.
Cette réaction intervient après les propos de Joseph Kabila, qui a affirmé, dans son adresse à la nation, que la dette publique congolaise avait « explosé » pour dépasser 18 milliards de dollars américains. L’ancien président a également rappelé avoir transmis, en 2019, une économie débarrassée du poids de la dette héritée des régimes précédents.
Le chiffre avancé par Joseph Kabila correspond aux données officielles de la Direction générale de la dette publique. En septembre 2026, l’encours de la dette congolaise s’élevait à 18,552 milliards de dollars, dont environ 11,46 milliards de dette extérieure et 7,09 milliards de dette intérieure.
Toutefois, pour le ministre des Finances, l’évolution de cet encours doit être appréciée au regard de la capacité de l’économie congolaise à soutenir son endettement et à mobiliser des ressources pour son développement. Il compare ainsi le niveau d’endettement de la RDC, inférieur à 20 % du PIB selon les autorités, à la moyenne d’environ 60 % observée en Afrique subsaharienne.
« Insinuer qu’un endettement de moins de 20 % du PIB, comme c’est le cas de la RDC de nos jours, serait un fardeau, résulte soit de la mauvaise foi politique, de la méconnaissance des fondamentaux en matière de gestion économique et financière ou encore d’une absence de vision stratégique en matière de financement du développement », soutient-il.
Pour défendre le bilan économique du pouvoir actuel, Doudou Fwamba établit une comparaison entre la situation du pays à la fin du mandat de Joseph Kabila et les indicateurs qu’il attribue à l’année 2026.
Selon le ministre, la RDC disposait en 2019 d’un PIB nominal d’environ 50 milliards de dollars, de réserves de change évaluées à 1,3 milliard de dollars et d’un budget de l’État de 4 milliards de dollars. Il évoque également un déficit du compte courant de 3,2 % du PIB, ainsi que l’absence d’accès aux marchés internationaux des capitaux et de programme formel avec le Fonds monétaire international (FMI).
En comparaison, Doudou Fwamba avance un PIB nominal de 120 milliards de dollars en 2026, des réserves de change de 8 milliards pde dollars et un budget de l’État de 18 milliards de dollars. Il souligne également la réduction du déficit du compte courant à 1,3 % du PIB en 2024, l’accès aux marchés financiers internationaux et l’existence de trois programmes formels avec le FMI.
« Entre ces deux périodes de gouvernance, aucune comparaison possible. C’est la nuit et le jour », affirme le ministre Doudou Fwamba, qui attribue ces évolutions aux choix économiques opérés sous la présidence de Félix Tshisekedi.
Au-delà des indicateurs macroéconomiques, Doudou Fwamba oppose les politiques sociales des deux périodes. Il cite notamment la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité et la mise en place de mécanismes d’assurance maladie pour certaines catégories professionnelles, dont les professeurs d’université et les magistrats.
Il évoque aussi les investissements dans les infrastructures, les établissements universitaires et les bâtiments administratifs, estimant que ces réalisations illustrent les transformations engagées depuis 2019.
Le ministre reproche, par ailleurs, à l’ancien régime son manque de transparence dans la gestion de certains contrats miniers conclus avec des entreprises publiques. Selon lui, cette situation avait notamment contribué à priver la RDC d’un programme formel avec le FMI.
Sur le plan politique, Doudou Fwamba défend la poursuite de la reconstruction économique et sociale sous le leadership de Félix Tshisekedi. Il appelle également les acteurs politiques et les autres composantes de la société congolaise à participer au processus de dialogue, qu’il présente comme une voie de règlement des différends nationaux.
Il invite enfin les groupes armés à déposer les armes et à s’engager dans le dialogue pour mettre fin aux violences, particulièrement dans l’est du pays.